Algérie: une mesure pour freiner le brain drain

Université de Batna, algérie

Les universités algériennes ne sont plus autorisées à avoir des relations avec des partenaires étrangers sans en référer aux autorités diplomatiques. Officiellement, l’objectif est d’éviter la fuite des cerveaux, mais cet excès de centralisation laisse penser que le régime a un agenda caché.

Désormais, il est interdit aux universités algériennes d’avoir des relations directes avec les autres établissements de par le monde, sans visa préalable. C’est ce que vient de décider le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

Officiellement, l’objectif est de lutter contre la fuite des cerveaux. Puisque sous prétexte d’échange entre établissements, beaucoup de professeurs universitaires en profiteraient pour prendre le large vu les conditions de travail désastreuses imposées par le régime.

Ainsi, dorénavant, il faudra passer par le ministère des Affaires étrangères pour établir des contacts ou nouer un partenariat avec d’autres universités ou facultés à travers le monde. La note a été envoyée ce week-end, aux rectorats ainsi qu’aux directions des centres universitaires, selon le site d’information Tout sur l’Algérie.

Les autorités de l’enseignement supérieur accusent clairement certains partenaires d’avoir « l’intention de vider les instances scientifiques et de recherche algériennes de leurs ressources humaines et de leurs compétences pour les transférer vers d’autres entités ».

Evidemment, la question de la fuite des cerveau demeure un véritable problème sur l’ensemble du continent. Les pays européens en particulier, tous secteurs confondus public comme privé, viennent se servir au Maroc, en Algérie, en Tunisie, voir au Sénégal, au Ghana, au Bénin ou encore au Nigeria.

Il y a par exemple plus de médecins Béninois qui exercent hors de leur pays qu’à l’intérieur. Les médecins Nigérians vivant aux Etats-Unis sont au nombre de 8.000, alors que leur pays en manque cruellement, notamment sur certaines spécialités pointues.

Au Maroc, les entreprises des nouvelles technologies sont régulièrement victimes des chasseurs de têtes qui viennent chaparder leurs ressources humaines précieusement formées et qui sont souvent à la tête de projets importants au moment de leur départ.

L’Algérie également est victime comme le sont ces pays voisins ou au sud du Sahara.

En revanche, selon le Global Talent Competitiveness Index (Gtci), ce pays d’Afrique du Nord ne fournit pas beaucoup d’efforts pour retenir ses compétences. L’année dernière, il a classé l’Algérie 105e mondiale sur un total de 125 pays dans son indice qui évalue les efforts consentis par les pays pour garder les cadres, derrière le Maroc (100e), la Tunisie (84e) ou l’Afrique du Sud (71e).

Par ailleurs, le fait que cette mesure soit limitée aux universités laissent penser qu’il y a un objectif caché qui consiste justement à éloigner les universités algériennes, source de protestation, du reste du monde. Par exemple, le rôle des étudiants qui sont sortis manifester tous les mardis entre février 2019 et mars 2020, n’a pas échappé aux autorités en charge de la répression. C’est ce qui fait penser que cette décision peut avoir des intentions cachées.

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