«Aux USA, pour lutter contre la violence armée, ce qui prime c’est la personnalité du tireur»

Un homme inspecte un pistolet lors d’une convention de la NRA, à Dallas (Texas), en mai 2018.

 

Claire Boine est une chercheuse française de la Boston University School of Public Health (Etats-Unis), spécialisée dans la santé publique et les droits de l’homme et la démocratie, coauteure avec Michael Siegel d’une étude parue en mars (« What are the most effective policies in reducing gun homicides ? ») , sur les mesures les plus efficaces pour réduire le nombre de morts par armes aux Etats-Unis. Ses recherches sont financées par la Fondation Robert Wood Johnson, association caritative pour l’amélioration de la santé aux Etats-Unis.

Les fusillades de masse aux Etats-Unis incarnent à l’extrême la « violence des armes » dans le pays. Mais que recouvre exactement cette spécificité américaine ?

Le taux d’homicide par armes à feu est en effet exceptionnellement élevé aux Etats-Unis. Notre étude a examiné 345 882 homicides par arme entre 1997 et 2016, ce qui représente un taux de 3,5 pour 100 000 habitants en moyenne, contre 0,1 pour la France par exemple. Et l’on relève de grandes disparités selon les Etats. La Louisiane arrive en tête avec 9,8 pour 100 000 alors que le New Hampshire en compte seulement 0,7 pour 100 000. Ces violences recouvrent trois catégories : les homicides intentionnels, les suicides et les tirs accidentels. Les fusillades de masse, phénomène dont on parle le plus, représentent à peine 1 % de ces homicides par armes. Les meurtres comptent pour 38 %, mais ce sont les suicides qui constituent la majorité des cas : 60 %. Par ailleurs, 61 % de ces homicides sont commis par une connaissance. Et 14 % par le conjoint.

Dans ce contexte, les termes du débat sur le contrôle des armes dont s’empare la société américaine après chaque fusillade sont-ils bien posés pour arriver (espérer) à réduire le nombre de morts ?

Pas vraiment. Par exemple, l’idée d’interdire la publication du nom d’un auteur de fusillade, afin d’éviter la glorification et l’imitation, ne changerait pas grand-chose à la situation générale. Dans le même ordre d’idées, même s’il est légitime de se demander pourquoi des Américains achètent des fusils d’assaut, leur interdiction ne résoudrait pas le problème : en dehors des fusillades de masse, très peu d’homicides sont commis avec de telles armes. D’autant qu’il faudrait définir clairement ce qu’est une arme d’assaut. En outre, interdire la possession d’un type d’armes en particulier reviendrait à s’aliéner une partie des détenteurs d’armes et serait contre-productif.

AfroActu.com 

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