Brexit: les britanniques se lassent et s’agacent de l’interminable feuilleton

Après des jours et des jours d’incertitude, de confusion et de rebondissements, la date du Brexit annoncée tant de fois par Theresa May le 29 mars s’est évaporée, mais ce report ne règle rien et même pour les Britanniques qui veulent rester dans le giron européen, l’impasse actuelle est déprimante, rapporte notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix.

« Je suis absolument furieux ! Et je suis aussi très déçu de voir à quel point les hommes politiques de ce pays se révèlent totalement ineptes, incapables de se mettre d’accord sur quelque chose qui aurait dû être réglé il y a très longtemps et ça montre qu’à l’origine de tout ce processus il n’y avait aucun plan », peste ainsi ce partisan du Remain [pour maintien dans l’Union, NDLR].

Une lassitude et une exaspération qui se retrouvent dans l’autre camp, celui des Brexiters : « Oh mon dieu ! Tout ça est devenu vraiment épuisant. Vous savez quoi, je suis pro-Brexit, je ne pensais pas que je dirais ça un jour, mais je pense qu’il nous faut un second référendum maintenant », s’exclame un homme. Son ami, toujours indécis sur la question, l’approuve, « pour résoudre une fois pour toutes le problème ». Il déplore « l’incertitude » de la situation, « a besoin d’y voir clair pour que les gens puissent prendre des décisions, reprendre le cours de leurs vies et aussi s’occuper des autres problèmes du pays ».

Manifestation samedi pour un deuxième référendum

Ce second référendum, ils ne sont pas les seuls à l’appeler de leurs vœux. Les partisans du maintien dans l’Union européenne organisent demain, samedi, une manifestation en ce sens, qu’ils espèrent massive, raconte notre envoyée spéciale à Londres, Béatrice Leveillé.

Luise, qui milite pour ne pas perdre son passeport européen, s’attend à voir « un million au moins, des millions, deux à trois millions » de manifestants. Un optimisme renforcé par l’idée que « des gens viennent de toute l’Europe », pour participer au rassemblement. « Plusieurs villes ont réservé des trains et des gens qui avaient réservé quatre bus envoient maintenant dix bus. Tout le monde réalise que c’est extrêmement important d’envoyer à l’Europe et à notre gouvernement ce message : nous ne voulons pas du Brexit, stoppons le Brexit ! Et il faut révoquer l’article 50. »

Ecœurés, tendus, les Britanniques attendent désormais que leur classe politique travaille de concert pour les sortir d’une façon ou d’une autre d’une situation qu’ils jugent tous extrêmement humiliante.

« Une leçon politique »

En attendant, « tout reste possible » d’ici le 12 avril, veut croire le président du Conseil européen Donald Tusk. Tout, y compris une annulation du divorce si c’est le choix du Royaume-Uni. Les Européens ne voulaient pas se retrouver dans le rôle d’arbitre de la crise britannique. ils ont réussi à renvoyer la balle à Londres. Leur unité, un peu troublée pendant quelques heures, est restée solide, ce qui est capital pour les Européens et pas seulement pour leurs intérêts commerciaux ou stratégiques. Ils sont nombreux les dirigeants à ne pas vouloir donner prise aux populistes lors de cette campagne européenne qui s’ouvre.

Pour Emmanuel Macron, pas question pour les Européens de passer pour ceux qui brideraient la volonté du peuple britannique, « on ne fait pas l’Europe sans les peuples » a-t-il dit. Pour lui, le Brexit n’est pas « une négociation technique » mais une « leçon politique ». « Nous avons trouvé hier un bon accord, la France s’y est beaucoup impliquée, c’est un accord qui respecte nos principes », a ajouté le président français. « Proposer le rejet de l’Europe sans projet mène à l’impasse, mais ignorer les peurs et les colères ne peut mener qu’au désastre ».

AfroActu.com

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