Burkina Faso: réaction de l’épiscopat après l’attaque d’Inata

Dans un message daté du 20 novembre, l’épiscopat du Burkina Faso a réagi à l’attaque terroriste d’Inata, dans le nord-est du pays. Celle-ci a eu comme conséquence une vague de manifestations contre l’insécurité.

« Nous avons suivi avec beaucoup d’appréhension la forte et brusque dégradation de la situation sécuritaire dans notre pays depuis quelque temps » écrit, dans un message rendu public le 20 novembre, Mgr Laurent Dabiré, évêque de Dori, dans le nord-est du Burkina Faso et président de la Conférence épiscopale Burkina-Niger.

Ce message intervient quelques jours après la sanglante attaque contre le détachement de la gendarmerie d’Inata, dans la province de Soum (nord). Au moins 53 personnes – 49 militaires et 4 civils – ont été tuées. En août, 12 militaires avaient été tués à Toeni (nord-est). Le 7 novembre sur l’axe Dori-Essakane (nord-est), 7 policiers avaient également été tués par des djihadistes.

Selon les chiffres rendus publics par l’armée du Burkina Faso, le 1er novembre, 478 soldats – militaires et gendarmes – ont été tués depuis le début des attaques qui sont perpétrées depuis 2015 par des groupes liés à l’État islamique et à Al-Qaida. Selon le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR), le pays compterait 1,4 million de déplacés internes.

Manifestations

L’attaque d’Inata a provoqué une vague de colère dans ce pays sahélien où des milliers de personnes ont manifesté les 16 et 17 novembre dans plusieurs villes pour dénoncer l’insécurité qui s’est installée ces dernières années. L’opposition a fixé un délai d’un mois au président Roch Marc Christian Kaboré pour trouver une solution aux attaques terroristes faute de quoi elle menace d’appeler ses partisans à investir les rues pour demander la démission du chef de l’État.

Dans son message daté du 20 novembre, l’épiscopat estime que les manifestations des populations expriment leurs ras-le-bol de cette situation d’insécurité, est légitime. « Ces réactions et ces manifestations sont compréhensibles car elles traduisent le refus d’assister passivement au délitement de notre pays et à la banalisation des meurtres à grande échelle », souligne-t-il.

Appel au dialogue

La Conférence épiscopale, par la voix de son président, appelle toutefois au discernement et à l’union pour faire face à l’hydre terroriste. « Ce dialogue que nous préconisons doit pouvoir s’établir au sein des populations, des organisations de société civile, des partis politiques et au niveau des autorités politiques, militaires, coutumières et religieuses mais aussi avec nos partenaires financiers et militaires », explicite Mgr Dabiré. Ce faisant, il appelle le gouvernement à communiquer avec « courage et transparence sur la situation sécuritaire » du pays pour « créer l’union sacrée voulue par tous ».

Les évêques du Burkina Faso invitent enfin leurs compatriotes à se mettre en prière. « À nos efforts humains, il nous faut joindre la supplication et l’intercession pour que Dieu nous vienne en aide. Chaque Burkinabé, suivant ses convictions religieuses, est invité à soutenir notre pays en ces moments difficiles », insistent-ils. Cette prière doit être soutenue par une triple solidarité : la prière, le partage et la compassion.

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