Chine: tensions autour de la Journée des droits de l’homme

Li Wenzu (au centre), épouse de l’avocat Wang Quanzhang emprisonné depuis quatre ans, le 28 décembre 2018 à Pékin.

La Journée internationale des droits de l’homme, mardi 10 décembre, a donné lieu à de nouvelles tensions à Pékin. Dès lundi, une vingtaine de Chinois invités à se rendre à l’ambassade des Etats-Unis ont été interpellés par la police à proximité de l’ambassade et n’ont été relâchés que vers 3 heures du matin.

Selon l’un des participants, ils avaient été bien plus nombreux à avoir été invités, mais avaient reçu des pressions pour ne pas s’y rendre. Mardi, c’était au tour de la Délégation européenne d’organiser une discussion sur les droits de l’homme. Devant l’entrée, pas moins de dix-huit policiers en uniforme et un certain nombre en civil filtraient les participants. Une vingtaine de Chinois n’ont pas été admis à pénétrer dans l’enceinte de la Délégation.

Invité, le Prix Sakharov 2008, Hu Jia, militant connu notamment pour son engagement sur les sujets environnementaux, n’a, lui, pas été autorisé par les autorités à quitter son domicile. Xu Yan, épouse d’un avocat emprisonné depuis deux ans et auquel elle n’a toujours pas pu rendre visite, s’est également vu dissuader de quitter son domicile lundi. Le mardi, elle est toutefois parvenue à entrer dans la délégation européenne pour témoigner du sort réservé à son époux, Yu Wensheng.

« Nouveau concept »

Mercredi, la France et l’Allemagne ont remis de leur côté le prix franco-allemand des droits de l’homme à Li Wenzu, l’épouse de Wang Quanzhang, un autre avocat spécialisé dans les droits de l’homme emprisonné depuis quatre ans. Alors que ni le prix ni la cérémonie n’avaient été rendus public, Li Wenzu a, elle aussi, reçu des pressions de la police pour ne pas aller recevoir ce prix. Elle a malgré tout tenu à se rendre à l’ambassade.

Mise en cause, notamment par le Congrès américain, pour les détentions de masse de Ouïgours au Xinjiang ainsi que pour les violences policières à Hongkong, la Chine met en avant une conception des droits de l’homme fondée sur le développement économique. Un discours qu’elle a encore promu le 11 décembre lors du deuxième « forum sud-sud des droits de l’homme » dont le thème était « Diversité des civilisations et développement global des droits de l’homme ». Le premier avait eu lieu en 2017.

Officiellement, « plus de 300 participants venus de plus de 80 pays et organisations internationales » avaient fait le déplacement. Parmi les intervenants cette année, la Syrienne Bouthaina Shaaban, conseillère du président Bachar Al-Assad. Celle-ci a jugé qu’« il est important que les pays en développement élaborent un nouveau concept de droits de l’homme ». Une déclaration mise en valeur par la presse chinoise ce jeudi.

 

AfroActu.com

Voir Aussi

Y a-t-il une volonté politique réelle de lutter contre la Corruption en Afrique ?

  Après la publication ce jeudi 23 janvier 2020 du dernier Indice de Perception de …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
18 ⁄ 3 =