Chronique de Bouba N°7: « Echouer dans sa mission…

« Echouer dans sa mission et vouloir museler la population, c’est méconnaitre la puissance du clic face à la toute puissance du fric et des flics », Macky SALL, candidat aux présidentielles de 2012.

« La République c’est des institutions fortes, l’équilibre entre les pouvoirs qu’il s’agisse du pouvoir exécutif incarné par le Président et son gouvernement, du pouvoir législatif incarné par la représentation nationale  à travers l’Assemblée Nationale et du pouvoir judiciaire à travers les cours et tribunaux. Il faut qu’il y ait un équilibre mais lorsque toutes les institutions s’effondrent devant une seule qui fait et défait selon son bon vouloir, nous ne sommes plus une république, nous ne sommes plus une démocratie. Et aujourd’hui c’est le plus grand danger qui guette le Sénégal. La démocratie suppose la bonne gouvernance, l’équilibre entre les pouvoirs. Que ceux qui sont investis de missions publiques sachent qu’ils doivent rendre compte des pouvoirs qui leur sont confiés. Mais lorsque dans un pays, exiger que des comptes soient rendus devient un crime, ce pays est en danger. La cour des comptes accédera aux comptes de la Présidence, de l’Assemblée Nationale, elle sera renforcée. L’une de mes premières missions ce n’est pas de construire des routes, des autoroutes et des ponts, ce sera de construire l’état de droit qui sera apprécié de façon immatérielle, ce sont des valeurs, des principes, l’égalité des citoyens devant la loi, la lutte contre la corruption ». Tel était le discours du candidat SALL en 2012 et aujourd’hui comme tout analyste, la confrontation entre le discours et la réalité est plus que nécessaire. Y a-t-il séparation réelle des pouvoirs comme le disait-il ? Y a-t-il indépendance de la justice ? Y a-t-il différence entre lui et ses prédécesseurs d’autant plus qu’il disait incarner la rupture ? En parlant de rupture, est ce une rupture le fait de collaborer avec ceux contre qui on a été choisi ? N’est il pas un manque de respect à l’endroit de ceux qui ont décidé de porter Macky à la tête du pays ? La corruption  a-t-elle était réduite? Qu’a-t-on fait pour lutter contre celle-ci à part créer une agence (OFNAC)?

Autant d’interrogations qui méritent réponses objectives et non partisanes. La course aux parrainages a démarré, et tout le monde s’empresse de les atteindre. L’heure est venue de distraire à nouveau les populations malveillantes en mettant en avant des personnes sans aucune valeur ajoutée pour le peuple sénégalais du genre Diaba Sora ou encore son acolyte ivoirienne YAO. Dans quelques semaines ce sera encore un autre fait divers pour les divertir encore et les distraire afin de les éloigner de la priorité. Apres avoir tutoyé les sommets, la chute est libre. Plusieurs fois candidats aux élections, Directeur de cabinet de Senghor  à un moment où M. SALL devait être au cycle primaire, Moustapha et Tanor sont aujourd’hui réduits à leur plus simple expression de collecteur de signatures pour Macky. Idrissa qui, pendant ce temps, est  à la reconquête non pas du pouvoir mais de sa crédibilité qu’il a perdue en 2007. Tout le monde voyait en lui un chef d’état mais force est de dire que WADE n’en était pas à sa première tactique de guerre.  Les véritables révélations de ces élections sont les partis PASTEF et PUR aux sommets desquels se hissent respectivement un jeune inspecteur des impôts, SONKO et un universitaire, El Hadj Issa SALL. Pour le 1er, les spéculations autour de sa personne sont nombreuses, l’euphorie des jeunes est au rendez vous et l’espoir est grand. Cependant un état ne peut être géré sur la base de la fiscalité qui est son domaine de prédilection. Sa copie doit être revue s’agissant des relations avec les états occidentaux partenaires. Les révisions des contrats ne sont pas aussi simples et faciles qu’il le préconise. Tous d’accord avec lui que SENAC, EIFFAGE, TOTAL, AUCHAN, BOLLORE, BNP PARIBAS, SGBS et autres compagnies françaises nous pompent l’air sans oublier ces voyous économiques qui se nourrissent du système sans rien reverser en retour mais la diplomatie et le respect du principe de continuité sont le socle d’un état qui aspire à voir venir des investissements directs étrangers. SONKO a révolutionné la façon de faire de la politique et bravo à lui. Il est temps de rehausser le niveau intellectuel de la scène politique en ayant de véritables débats sur des programmes et de dépasser les débats sur les personnes qui ne sont pas trop significatives pour le commun des mortels.  Quant à EL Hadj Issa SALL, son 1er  handicap c’est d’être méconnu du grand public. Pourtant le Professeur SALL est un consultant international dans le domaine du traitement informatique des élections. Il a traité de façon continue, toutes les élections qui se sont déroulées au Sénégal de 1993 à 2012 de même que les élections présidentielles, législatives et locales du Burkina Faso de 2005 à 2007. Très courtois et discipliné, il incarne de bonnes valeurs et vertus qu’il faut dans une république. Son manque d’agressivité lui coute cher parce que dans un ring, on ne reçoit pas que des coups, on en donne aussi. Le 2e handicap de son parti, c’est le fait qu’il soit assimilé hélas à un parti d’obédience religieuse quand bien même il en est autrement. Le président du PUR a quand même réussi à prendre ses distances par rapport au fonctionnement de celui-ci afin d’éviter tout lien entre marabout et parti. Tant que des partis seront dirigés par des marabouts, le citoyen qui ne se considère pas comme disciple aura du mal à apporter son soutien malgré les valeurs républicaines incarnées par ceux-ci et c’est tout ce qu’a compris le Président dudit parti. Je suis contre le principe de « la séparation de l’église et de l’état » dans ce pays qui est forgé de relations entre l’autorité religieuse et l’autorité publique depuis les périodes coloniales tant qu’il n’y a pas d’ingérence malsaine.

La force du PUR, c’est la discrétion, la coordination remarquable de ses acteurs infatigables, les valeurs incarnées par leur président et relayées par ceux-ci et tout ceci a payé en un temps record lors des précédentes élections législatives. Un vrai travail d’éducation et d’instruction est primordial parce que les valeurs de ce pays ont été inversées, renversées pour ne pas dire interverties et perverties. D’autres candidats cependant ont été ralentis par la réalité des querelles de frères de partis comme Me Mame Adama Gueye et son parti ou plutôt ancien parti « avenir Senegal » qui a connu un fiasco aux législatives. Aujourd’hui à la tête d’un parti nouveau, SENEGAL BOU BESS, l’ancien bâtonnier des avocats sillonne de village en village les populations du SENEGAL en quête de parrains. Pour le reste, tous les autres candidats sinon presque sont d’anciens libéraux et l’implosion du PDS a donné naissance à une prolifération de partis. De Ndéné à Pape DIOP passant par FADA, Aida, Samba Mboup, Farba, Aliou Sow… Aucun d’eux n’est parvenu à avoir un seul député. Alors pourquoi demander plus gros que des législatives si on ne peut même pas représenter une portion du peuple?  La transhumance, un vrai cancer pour la démocratie. Ndéné avait raison, on doit les fusiller. La politique autrement, c’est ce que nous voulons tous et arrêter les intimidations, les arrestations arbitraires, les détentions illégales, la transhumance, l’injustice… il faut arriver à tenir des débats contradictoires et civilisés, c’est devenu une nécessité. À tous ces hommes d’affaires qui veulent diriger le pays pour un supposé avenir meilleur, commencez d’abord à faire quelque chose dans vos quartiers respectifs. Trop de partisannerie mène à la malhonnêteté intellectuelle.

 

Boubacar NDIOUR SOUFY 

Diplômé en Droit Economie Gestion spécialité Relations internationales

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