Colombie: le procès de l’ancien président Alvaro Uribe divise le pays

 

L’ancien président colombien Alvaro Uribe comparaît devant la Cour suprême, à Bogota, le 8 octobre.

L’ancien président colombien Alvaro Uribe a comparu, ce mardi 8 octobre, devant la Cour suprême de son pays. Leader incontesté de la droite dure, Uribe, qui a mené une guerre sans merci contre la guérilla de 2002 à 2010, continue de dominer la scène politique colombienne et de diviser ses concitoyens. Poulain de l’ancien président, le chef d’Etat Ivan Duque a ouvertement pris parti en sa faveur : « Je résume Alvaro Uribe Velez à un mot : honorabilité. »

M. Uribe est accusé d’usage de faux devant la justice et de subornation de témoins. Il risque huit ans de prison. « Au regard de toutes les accusations qui pèsent contre lui, Uribe est jugé pour une affaire relativement mineure, soupire l’avocat Carlos Toro qui tente une comparaison avec « Al Capone, tombé pour fraude fiscale ». « Il n’existe aucune preuve sérieuse contre Alvaro Uribe, qui n’a jamais rien fait ni jamais rien dit qui soit contraire à la loi », rétorque l’avocat Jaime Granados.

L’affaire, dont s’est finalement saisie la Cour suprême, remonte à 2012. A cette date, M. Uribe porte plainte contre le sénateur de gauche, Ivan Cepeda. Dans le cadre d’un débat sur l’origine du paramilitarisme en Colombie, M. Cepeda venait de publier les témoignages vidéos de deux anciens paramilitaires accusant directement M. Uribe et son frère d’avoir participé à la création d’une milice armée dans les années 1990. L’ancien président accuse M. Cepeda d’avoir soudoyé les témoins. Mais, six ans plus tard, coup de théâtre, la Cour suprême innocente le sénateur et ouvre une enquête contre Alvaro Uribe pour corruption de témoins. L’arroseur arrosé se dit victime d’une persécution politique.

Quatorze instructions contre Uribe

L’interrogatoire a duré sept heures. Un peu partout dans le pays, partisans et détracteurs de l’ancien président se sont affrontés toute la journée à coup de slogans. Au pied du palais de justice, une poignée de partisans du président s’époumonent « Uribe, la Colombie est avec toi. Uribe, nous t’aimons ». Alberto Duran, commerçant, explique : « Alvaro Uribe est le meilleur président qu’a connu la Colombie. Il nous a délivrés de la guérilla. Il est aujourd’hui victime d’une justice politisée, infiltrée par les communistes. »

Sur le trottoir d’en face, les anti-uribistes, plus nombreux, étaient tout aussi remontés. « Uribe, paramilitaire », crient-ils. « L’ancien président Alvaro Uribe a une lourde responsabilité dans des centaines de crimes qui ont été commis en Colombie, sous prétexte de lutter contre la guérilla, explique Marcelo Tobar, étudiant en droit. Il est temps qu’il réponde devant la justice. »

 

AfroActu.com

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