Comment la CIA a espionné le Maroc pendant plus d’un demi-siècle

 

Le Royaume, à l’image d’autres pays, voisins ou lointains, a longtemps, très longtemps, en fait pendant plus d’un demi-siècle, été espionné par les services américains et allemands.

C’est une enquête révélée par la chaîne allemande ZDF et le Washington Post, sur la base de documents classifiés, qui précise qu’en fait, plusieurs pays, dont le Maroc, avaient confié en toute confiance la mission de garder secrètes les communications de leurs espions, soldats et diplomates, à une société suisse.

Ladite société, Crypto AG de son nom, et qui avait vendu contre des fortunes, ses équipements, se trouve être, à l’aide d’un montage assez complexe, une propriété de la CIA, dans le cadre d’un partenariat longtemps resté secret et dont n’avait connaissance que l’Allemagne.

De fait, les pays qui avaient acquis ces équipements, qui étaient en vérité truqués, n’avaient aucune idée que leurs codes étaient « brisés » et tous leurs secrets communiqués, de facto, par Crypto AG aux services secrets allemands et américains.

Le rapport de la CIA souligne à cet égard que «les gouvernements étrangers payaient beaucoup d’argent aux États-Unis et à l’Allemagne de l’Ouest pour avoir le privilège de voir leurs communications les plus secrètes lues par au moins deux (et peut-être jusqu’à cinq ou six) pays étrangers».

Amis et ennemis, tous y passaient

Selon le Washington Post, les services américains et ouest-allemands «ont surveillé les mollahs iraniens pendant la crise des otages de 1979, ont fourni des renseignements sur l’armée argentine à la Grande-Bretagne pendant la guerre des Malouines, ont suivi les campagnes d’assassinat de dictateurs sud-américains et ont surpris des responsables libyens se félicitant du bombardement d’une discothèque de Berlin en 1986».

Au fil des ans, et au fur et à mesure que la liste des clients de Crypto s’allongeait, le monde était devenu une sorte de catalogue pour Américains et Allemands qui avaient ainsi une « longueur d’avance » sur les événements majeurs.

Si l’Arabie saoudite compatit au début des années 80 parmi les « plus gros clients de l’entreprise suisse », suivie par l’Iran, l’Italie, l’Indonésie, l’Irak, la Libye, la Jordanie et la Corée du Sud, l’Afrique n’a pas dérogé à la règle.

Le Washington Post a publié une carte qui fait ressortir que 18 pays africains étaient espionnés à l’aide du matériel de Crypto AG, dont les cinq pays du Maghreb, à savoir le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie, la Libye et la Tunisie.

 

AfroActu.com

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