Côte d’Ivoire : violences et incertitudes avant la présidentielle

À trois jours d’une élection présidentielle incertaine, la population ivoirienne s’inquiète de la résurgence d’affrontements dans plusieurs villes du pays. Au moins une vingtaine de morts sont à déplorer ces derniers jours dans le pays.

Depuis quelques jours, « c’est la psychose », assure Jean, un commerçant du quartier Anono d’Abidjan. La semaine dernière, des heurts ont éclaté devant son commerce entre jeunes manifestants et forces de l’ordre : jets de pierre contre gaz lacrymogène.

« Ce jour-là, se souvient Jean, témoin de la scène, c’était vide comme un cimetière, alors qu’ici c’est le grand marché, c’est animé du lundi au dimanche ! » Depuis, il évite de sortir le soir : « On se méfie, à tout moment ça peut dégénérer. On est toujours prêts à fermer les magasins. »

Peu après l’annonce, le 6 août dernier, de la candidature du président Alassane Ouattara à un troisième mandat, contesté par l’opposition qui l’estime contraire à la Constitution, des manifestations avaient éclaté dans le pays, faisant au moins une quinzaine de morts. Les rassemblements ont alors été interdits, et le calme était revenu.

Le domicile d’un candidat incendié et pillé

Alors que l’élection présidentielle doit se tenir ce samedi 31 octobre, les tensions ont cependant repris de plus belle, ce mois-ci, à la suite des appels à la « désobéissance civile » lancés par les deux principaux candidats de l’opposition, l’ancien président Henri Konan Bédié et l’ancien premier ministre Pascal Affi N’Guessan. Dans plusieurs villes du pays, les protestations ont dégénéré en affrontements intercommunautaires entre autochtones et allogènes.

À Bongouanou, le fief de Pascal Affi N’Guessan à 200 km au nord d’Abidjan, trois personnes sont mortes et les dégâts sont considérables. Le domicile du candidat a été pillé, incendié. C’est pourtant dans cette petite ville, où vivent leurs parents, que Jean pensait envoyer ses sœurs. « On n’est plus en sécurité nulle part », se désole-t-il.

Des milices équipées d’armes automatiques

La ville de Dabou, 60 km à l’ouest d’Abidjan, s’est elle aussi embrasée. Au terme de plusieurs jours d’affrontements, au moins 16 morts et 67 blessés y ont été recensés. « Sans compter les dégâts collatéraux », précise le maire Jean-Claude Yedé Niangne. « Une dame est décédée », déplore-t-il, faute de soins parce qu’elle ne pouvait se rendre dans un dispensaire. La situation s’est ensuite aggravée avec l’utilisation d’armes automatiques, ont rapporté plusieurs témoins. L’édile évoque une « milice avec des Kalachnikov ».

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