Côte d’Ivoire : tension maximum avant la publication des résultats de la présidentielle

Alassane Ouattara est assuré d'une victoire écrasante, faute d'adversaire, l'opposition ayant boycotté le scrutin. Les résultats sont attendus dans la soirée.

Sans surprise, ADO devrait être élu, à une majorité écrasante, président de la Côte d’Ivoire pour un troisième mandat contesté, selon des résultats attendus ce lundi en fin de journée. Selon les premiers résultats, le président sortant a obtenu 98 % des voix à Korhogo, la capitale du Nord où il est bien implanté, avec 88 % de participation. La commission électorale donne le président-candidat en tête dans chacun des 26 départements où a déjà eu lieu le dépouillement.

Manifestations et blocages

Aucune estimation officielle de la participation n’a été rendue publique mais un observateur indépendant a déclaré que 23 % des bureaux de vote n’avaient pas ouvert, samedi, à cause de manifestations et de blocages de l’opposition, qui a dans certains cas menacé les responsables des bureaux.

Scrutin boycotté par l’opposition

Même si le résultat final est sans appel, l’opposition ayant boycotté ce scrutin, le pays est loin de retrouver une forme d’unité. Au moins cinq morts ont été dénombrés le jour du vote ainsi que 43 blessés, « dont 19 par balles », a affirmé une source médicale qui s’est rendue sur place pour les premiers secours. Ce bilan vient s’ajouter à la trentaine de décès enregistrés avant la tenue du scrutin. Dans un communiqué commun, deux candidats d’opposition, l’ex-président Henri Konan Bédié et l’ex-Premier ministre, Pascal Affi N’Guessan ont déclaré qu’une trentaine de personnes avaient été tuées depuis samedi, sans plus de précision. Ces affrontements ne sont pas sans rappeler les violences post-électorales de 2020 qui avaient fait plus de 3.000 morts.

Considérant la candidature d’Alassane Ouattara comme étant anticonstitutionnelle, la loi fondamentale limitant à deux le nombre de mandats, l’opposition ne reconnaît pas cette élection. Elle a appelé, dimanche, à une « transition civile » pour une nouvelle présidentielle « juste » et « à la mobilisation générale des Ivoiriens pour faire barrage à la dictature et à la forfaiture du président sortant ».

Scission profonde

Déjà profonde, la scission entre les deux camps s’est encore accentuée à l’approche des résultats. L’opposition est à présent ouvertement soupçonnée par le parti au pouvoir de chercher à déstabiliser le pays. Ce dernier a accusé nommément plusieurs responsables de l’opposition d’avoir armé des jeunes et d’être les « commanditaires » des violences du week-end.

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