Ouagadougou, Dakar et Tunis ratifient le pacte de RSF

Douze pays, dont trois africains, ont adopté l’initiative lancée par RSF pour protéger la liberté de la presse et lutter contre la désinformation.

Douze chefs d’Etat et de gouvernement ont endossé, dimanche 11 novembre à Paris, l’idée d’un « pacte sur l’information et la démocratie » initiée par l’organisation Reporters sans frontières (RSF) afin de mieux protéger la liberté de la presse et de lutter contre la désinformation. Le Sénégal, le Burkina Faso et la Tunisie en font partie. Ils se retrouvent aux côtés du Canada, du Costa Rica, du Danemark, de la France, de la Lettonie, du Liban, de la Lituanie, de la Norvège et de la Suisse, premiers signataires eux aussi.

Au départ, 25 personnalités internationales, dont plusieurs Prix Nobel, avaient lancé, début novembre, un appel solennel aux dirigeants internationaux à engager « un processus politique » pour qu’un tel pacte soit signé « d’ici un an ». Initié par RSF, ce pacte propose que l’espace mondial de l’information et de la communication soit considéré comme un bien commun de l’humanité, dans lequel soient garantis la liberté, le pluralisme et l’intégrité des informations.

« Des instruments de propagande et de pression »

« On a une offensive idéologique du djihadisme, de régimes autoritaires, de mouvements extrêmes, qui de tous côtés se dévoilent être des ennemis de la liberté […], cherchent à contrôler, censurer, exporter leur modèle, qui lancent des campagnes massives de désinformation et qui s’attaquent aux journalistes », a déploré le président français, Emmanuel Macron, au premier Forum de Paris sur la paix.

Insérant son continent dans le débat, le président sénégalais, Macky Sall, a estimé à cette occasion que « le droit à l’information n’est pas seulement l’apanage des pays développés ». « En Afrique, il y a également une volonté de plus en plus affirmée d’assurer la protection des journalistes et de créer les conditions d’un exercice libre de cette profession », a-t-il renchéri, précisant qu’« aucun journaliste n’a été emprisonné ou interpellé depuis [qu’il est] à la tête de ce pays » et que le « plus grand ennemi » des médias n’est pas l’Etat mais « le pouvoir de l’argent et les pouvoirs obscurantistes qui créent des organes de presse pour en faire des instruments de propagande et de pression ».

En Tunisie, 85 journaux, 82 sites électroniques d’information, 40 radios et 18 chaînes de télévision cohabitent depuis la révolution de 2011, a noté de son côté le président Béji Caïd Essebsi. « Nous sommes un pays africain, arabe, musulman. Généralement parmi ces peuples, on n’applique pas beaucoup les règles de la liberté d’expression, a-t-il relevé. Mais en Tunisie, nous sommes préparés à respecter la liberté d’information parce que nous avons initié un processus démocratique. »

Cinq journalistes arrêtés en Algérie

La semaine dernière, le Cameroun et l’Algérie ont été sur le devant de la scène sur ce sujet de la liberté de la presse. Samedi, une célèbre journaliste anglophone camerounaise, Mimi Mefo, a été libérée après deux jours de détention provisoire pour « atteinte à la sûreté de l’Etat ». Et mercredi, en Algérie, une vingtaine de sites Internet d’information ont dénoncé une « campagne de criminalisation » de la presse électronique algérienne, dont cinq journalistes ont été incarcérés ces dernières semaines, ainsi que des tentatives de la « discréditer ». Deux des cinq journalistes, accusés de « diffamation, menaces et atteinte à la vie privée », ont été remis en liberté jeudi soir, en attendant un « complément d’information ».

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