Désarroi face à la nouvelle «rechute» commerciale de Donald Trump

Des droits de douane, des droits de douane, des droits de douane. A écouter Donald Trump, on a l’impression d’entendre Toinette dans le Malade Imaginaire de Molière répétant sans cesse « le poumon, le poumon, le poumon ». Mais au bout de deux ans de mandat, le comique de répétition du président américain a perdu de sa force. Alors qu’il a menacé de taxer à hauteur de 5 % les produits mexicains à partir du 10 juin si ce pays ne stoppe pas la vague migratoire qui tente de pénétrer les Etats-Unis, le président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador a choisi de ne pas entrer dans la comédie. « Nous n’allons pas tomber dans quelque provocation que ce soit. Nous allons agir avec prudence, dans le respect des autorités américaines et dans le respect du président Trump », a expliqué M. Lopez Obrador, anticipant que M. Trump allait rapidement revenir sur sa menace, « parce que ces mesures ne conviennent ni aux Mexicains, ni aux Américains ».

Il y a ceux qui ne rient pas du tout, dont le représentant pour le commerce Robert Lighthizer, qui serait fort mécontent, selon le Wall Street Journal. Le négociateur voit dans les menaces de Trump un risque réel pour le traité de libre-échange entre le Mexique, le Canada et les Etats-Unis dont la ratification est des plus délicates. M. Lighthizer essaye notamment de trouver un compromis avec la présidente démocrate de la chambre des représentants Nancy Pelosi pour qu’elle fasse ratifier le traité, mais le chantage sur l’immigration ne peut que braquer les démocrates dont le vote est indispensable. Surtout, la multiplication de fronts entrave la négociation commerciale essentielle, celle avec la Chine.

Une « politique du cocktail molotov »

L’initiative de M. Trump est déconcertante, car elle mélange des sujets qui n’ont rien à voir (le commerce et l’immigration). On négocie rarement ainsi au niveau international : chaque dossier est traité séparément même si l’on attend parfois de les avoir tous bouclés pour sceller un accord global. Toutefois, avec Donald Trump, même lorsqu’un compromis est trouvé, il est remis en cause le lendemain, ce qui fait des Etats-Unis un partenaire des moins fiables. Jay Timmons, président de l’association des industries manufacturières, a vu en ce mélange de sujets une « politique du cocktail molotov ». Les droits de douane sont devenus l’arme permanente du président.

L’éditorial du New York Times ricane d’ailleurs sur « les droits de douane, le remède miracle de M. Trump », censé résoudre tous les conflits de politique étrangère. « Cela ne marche pas », assène le quotidien new-yorkais, notant que le flux migratoire vient d’Amérique centrale, que le Mexique n’y peut pas grand-chose et qu’in fine, ce sont les consommateurs américains qui paieront la note : avec des produits plus chers, voire l’exil des entreprises qui peuvent produire aux Etats-Unis car elles sous-traitent une partie de leur production au Mexique, ou encore une riposte mexicaine faite de contre-droits de douane qui frapperaient les agriculteurs américains.

Afroactu.com

Voir Aussi

Dopage: l’AMA exclut la Russie des Jeux olympiques pendant 4 ans

  Le comité exécutif de l’AMA, qui s’est réuni le 9 décembre à Lausanne, a …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
24 − 20 =