Entre crise économique et sociale, le Liban dans une spirale infernale

Entre crise économique, sociale et politique le Liban dans une spirale infernale

 

Le Liban est agité par des manifestations populaires depuis la mi-octobre 2019. La rue crie son rejet de la classe dirigeante considérée comme incompétente pour avoir plongé le pays dans une crise économique sans pareille en plus d’être corrompue. La dette du Liban dépasse les 150 % de la richesse nationale (PIB), un chiffre, qui dépasse celui de la Grèce au sommet de ses déboires lors de la crise de la zone euro en 2010.

Le pays est pratiquement en état de cessation de paiement et le minimum est une restructuration de 40 milliards de dollars, quasi introuvables, sans les aides étrangères, et à quels prix. C’est une récession et une débâcle financière sans précédent et au regard de 35 % de Libanais vivant sous le seuil de pauvreté on est loin d’être sorti de l’auberge.

En avril 2018, la communauté internationale s’était réuni Paris sur l’aide à accorder au Liban. Les pays donateurs s’étaient engagés lors d’une autre conférence à accorder des prêts et des dons de plus de 11 milliards de dollars, en contrepartie de réformes. Les montants n’ont jamais été débloqués. Pour l’instant, c’est l’impasse, car le Liban n’a toujours pas de gouvernement. Le Premier ministre démissionnaire Saad Hariri (mais intérimaire) a appelé jeudi 12 décembre à une aide d’urgence du FMI et de la Banque mondiale. Mais là n’est qu’une solution pour parer au plus pressé.

La rue reproche aux dirigeants une mauvaise gouvernance. Les dépenses du gouvernement central sont exagérées (manque de transparence, emprunter pour rembourser l’emprunt, lois et budgets votés, mais non appliqués) bref, on navigue à vue sans feuille de route. Cette crise a des conséquences et débouche sur une crise de liquidités. La monnaie nationale est fragilisée, les banques sont sans réserve de changes. Même la diaspora libanaise se refuse à faire confiance aux établissements financiers du pays, jugés de plus en plus insolvables.

Le citoyen consomme moins et l’activité économique du pays ralentit et quand on sait que le pays importe plus de 80 % de ses besoins d’équipements et alimentaires ce n’est pas la joie. On importe en dollars or, ce dernier se fait de plus en plus rare auprès des banques. Les prix ont augmenté de 15 % en novembre. Inexorablement cela a eu pour effet de conduire à la crise socio-économique que vit le pays et qui plus est, a débouché sur une crise politique sans précédent. On s’accorde à ne pas s’accorder et en attendant ce sont les plus forts qui font leur beurre à partir de cette situation comme le Hezbollah et Amal.

Hier vendredi pour un prêcheur, notamment le chef du parti chiite du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a appelé toutes les parties à assumer leurs responsabilités pour sortir le pays de l’impasse. C’est justement ce que la rue rejette, elle qui réclame des technocrates apolitiques. Où va-t-on au pays du cèdre ?

 

AfroActu.com

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