Etats-Unis: Donald Trump impatient de lever les restrictions

Le vice-président, Mike Pence (à gauche), le spécialiste des maladies infectieuses Anthony Fauci, et le président américain, Donald Trump, à Washington, le 24 mars.

 

Donald Trump a manifesté, mardi 24 mars, son impatience face à la crise sanitaire et dit miser sur une levée « rapide » des restrictions, d’ici à mi-avril pour une partie du pays, malgré la forte accélération des décès dus au coronavirus aux Etats-Unis. « Il faut retourner au travail, beaucoup plus tôt que les gens ne le pensent », a lancé le président américain sur la chaîne Fox News.

Tout en concédant que les restrictions dureraient un peu au-delà des quinze jours initiaux, il a promis de « rouvrir » le pays « rapidement », expliquant que l’on commençait à voir « une lumière au bout du tunnel ».

« Belle échéance » de Pâques

« J’adorerais rouvrir d’ici à Pâques », qui tombe cette année le 12 avril, a-t-il ensuite dit à plusieurs reprises, assurant, en dépit des réserves de nombreux scientifiques et responsables locaux, que cette échéance était réaliste à condition que les gens retournent au travail « en pratiquant la distanciation sociale ».

Il a plus tard précisé que cette « belle échéance » de Pâques vaudrait surtout pour les parties les moins peuplées du pays et où l’épidémie aurait été considérée comme contenue, comme « des grandes portions du Texas, des territoires dans l’Ouest ».

Anthony Fauci, spécialiste des maladies infectieuses au sein de l’équipe de lutte contre le Covid-19, a prôné la « flexibilité » dans l’assouplissement des restrictions qui doivent se faire « sur une base quotidienne ou hebdomadaire ».

Le milliardaire républicain s’était résolu à émettre il y a une semaine des recommandations très strictes. Mais, alors que 40 % de la population américaine est confinée chez elle ou sur le point de l’être − les restrictions variant d’un Etat à l’autre −, il ne cache pas à présent sa crainte de voir ces mesures draconiennes et l’arrêt de l’activité s’éterniser. Le Pentagone s’est montré moins optimiste en tablant sur « plusieurs mois » de crise, avec un retour à la normale vers juin-juillet seulement aux Etats-Unis.

Bientôt nouvel épicentre de la pandémie

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a d’ailleurs prévenu mardi que les Etats-Unis pourraient bientôt dépasser l’Europe et devenir le nouvel épicentre mondial de la pandémie. « Nous constatons une très forte accélération du nombre de cas aux Etats-Unis », a expliqué une porte-parole de l’OMS. Les Etats-Unis comptaient mardi en fin d’après-midi près de 700 morts et plus de 53 000 cas officiellement déclarés de Covid-19, selon le comptage de l’université Johns Hopkins, qui fait référence.

Dans l’Etat de New York, « le taux de nouvelles infections double tous les trois jours », a prévenu son gouverneur Andrew Cuomo. L’épidémie pourrait y connaître son summum « d’ici 14 à 21 jours », soit plus tôt que prévu. Les autorités fédérales ont ainsi appelé les habitants ayant fui récemment la région de New York, pour éviter la contagion, à observer une quarantaine de deux semaines pour empêcher tout risque de contamination.

Cet Etat de près de 20 millions d’habitants se prépare donc au pire et continue de réclamer au gouvernement fédéral du matériel médical, à commencer par des respirateurs par milliers. Il a aussi revu à la hausse le besoin de lits d’hôpitaux supplémentaires, à 140 000, alors qu’un premier hôpital de secours doit être opérationnel d’ici environ huit jours à Manhattan.

Confinement imposé à Miami

Malgré cette course contre la montre, le président des Etats-Unis a donc confirmé sans détour un nouveau changement de ton distillé ces derniers jours. Après s’être dit « en guerre » la semaine dernière contre cet « ennemi invisible », Donald Trump renoue avec ses propos initiaux, lorsqu’il était accusé par nombre d’experts de minimiser la menace.

Le président américain a ainsi recommencé à comparer la pandémie actuelle à la grippe saisonnière. « On perd des milliers et des milliers de personnes chaque année à cause de la grippe, et on ne met pas le pays à l’arrêt », a-t-il affirmé lors de son long entretien sur Fox News. « On peut détruire un pays en le fermant de cette façon », a-t-il estimé, ajoutant qu’une « grave récession ou une dépression » pourraient faire plus de morts que l’épidémie, notamment si la crise économique devait entraîner « des suicides par milliers ».

La ville de Miami en Floride, où de nombreux jeunes continuaient à faire la fête la semaine dernière, ignorant les consignes de précaution, a à son tour imposé mardi un confinement obligatoire à ses 470 000 habitants.

 

Le Monde avec AFP

 

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