Etats-Unis: quand le premier débat présidentiel met à nu la crise des élites

Pas de projet de société mais plutôt invectives et attaques personnes. Ce premier débat entre Donald Trump, cravate bleue à rayures rouges et mâchoire serrée, et son rival démocrate, Joe Biden, cravate à fines rayures noires et blanches, révèle un peu ce que Tocqueville disait il y a 180 ans, dans “De la démocratie en Amérique”, à savoir que le système de la démocratie représentative, dictature de la majorité, ne conduisait pas forcément les meilleurs au sommet et que les américains, pragmatiques, sont plus occupés au commerce qu’aux sciences et belles lettres. Donald Trump n’est-il pas l’incarnation caricaturale de cette grande nation et Joe Biden, le révélateur de l’impuissance des élites classiques à reprendre la main?

Ainsi, à 35 jours de la présidentielle, Joe Biden a qualifié Donald Trump de “clown” avant de s’excuser. Réplique de Donald Trump: “il n’y a rien d’intelligent en vous” et “j’ai fais en 47 mois de présidence ce que vous n’avez pas fait en 47 ans”. L’ancien vice-président de Barack Obama a tenu bon face à son redoutable adversaire, appelant les américains à éviter “quatre ans de mensonge” sans parvenir à dérouler son programme, constamment coupé par son adversaire.

Il faut le dire, aucun des deux candidats n’était convaincant quant au débat de fond. Sur la gestion du coronavirus, aucun débat fondamental n’est sorti des accusations et invectives. Les slogans politiques ont émergé parfois du vide sidéral. Demandant à Joe Biden s’il était pour la “loi et l’ordre” en allusion à son slogan emprunté de l’Amérique raciste des années 60, ce dernier a répondu: “la loi et l’ordre avec la justice”. Qu’à cela ne tienne, Donald Trump voit en son rival, un candidat de l’aile radicale de la gauche, partisan d’un système de Santé socialiste en allusion à l’Obamacare.

Sur la question du racisme, l’occupant de la Maison-Blanche a refusé de condamner publiquement la violence des suprémacistes blancs opposés aux manifestations du mouvement de défense des droits des Afro-Américains, nommant plutôt l’organisation néofasciste Proud Boys et l’appelant de manière surréaliste à « prendre du recul et à se tenir prêt ». S’il fallait faire un décompte aux points, c’est Joe Biden qui est sorti vainqueur, ne serait-ce que par cette phrase: « Il a payé moins d’impôts [sur 15 ans] qu’une enseignante », assène-t-il, en référence au montant de 750 $ que le soit-disant milliardaire aurait versé au fisc en 2016, l’année de son élection.

Preuve de la crise au sommet, Donald Trump refuse de dire qu”il reconnaîtrait les résultats, pointant du doigt d’éventuelles fraudes dans le vote par correspondance. Le débat a eu lieu à Cleveland, dans l’Ohio, l’un de ces Etats-clés qui pourrait faire basculer la victoire dans un camp ou dans l’autre le 3 novembre.

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