FRANCE: Fillon condamné à cinq ans de prison dont deux ferme

François Fillon, son épouse Penelope et son ancien suppléant à l’Assemblée Marc Joulaud sont enfin fixés sur leur sort et ont été reconnus coupables ce lundi dans l’affaire des emplois présumés fictifs de la femme de l’ex-Premier ministre. François Fillon a été condamné à cinq ans de prison, dont deux ferme, dix ans d’inéligibilité et 375 000 euros d’amende. Les juges n’ont pas prononcé de mandat de dépôt.

Penelope Fillon a été condamnée à trois ans de prison avec sursis, 375 000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité. Enfin, Marc Joulaud a été condamné à trois ans de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité. Les avocats des époux Fillon ont d’ores et déjà annoncé qu’ils allaient faire appel. « Cette décision, qui n’est pas juste, va être frappée d’appel, (…), il y aura un nouveau procès », a annoncé devant la presse Antonin Lévy, l’avocat de François Fillon. Une décision confirmée par l’avocat de Penelope Fillon, Pierre Cornut-Gentille, qui a dénoncé une peine « sévère »

Le suspense était total depuis que la défense avait demandé la réouverture du procès pour faire la lumière sur d’éventuelles « pressions » pendant l’enquête. François Fillon et son ex-suppléant Marc Joulaud, qui ont salarié Penelope Fillon comme collaboratrice permanente lorsqu’ils étaient députés de la Sarthe, étaient poursuivis pour « détournement de fonds publics », pour des prestations « fictives ou sur-évaluées ». Penelope Fillon pour complicité et recel de ce délit. Mi-mars, le parquet national financier (PNF) avait requis contre l’ancien champion de la droite à la présidentielle de 2017 deux ans de prison ferme.

D’éventuelles pressions ?

La présidente de la 32e chambre correctionnelle de Paris, Nathalie Gavarino, a refusé de rouvrir les débats, contrairement à ce que réclamaient les conseils de François Fillon, de son épouse Penelope et de Marc Joulaud, l’ancien suppléant du député Fillon dans la Sarthe.

La défense espérait rebondir sur de récentes déclarations d’Eliane Houlette, ancienne patronne du PNF, qui a fait état de « pressions » procédurales de son autorité de tutelle, le parquet général, pendant cette enquête sensible.

« Sentiment d’impunité »

En 2017, cette affaire révélée par le Canard Enchaînéavait empoisonné la course à la présidentielle de François Fillon, donné favori mais finalement éliminé au premier tour. Le 10 mars, le PNF avait dénoncé le « profond sentiment d’impunité » de celui qui avait « fait de la probité une marque de fabrique » et requis contre lui cinq ans de prison, dont deux ferme, 375 000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité. Une peine non aménageable.

Entre 1998 et 2013, la discrète Penelope Fillon a perçu au total 613 000 euros nets au titre de contrats connus seulement de quelques proches. Les Fillon avaient décrit des tâches certes majoritairement orales – être « les yeux et les oreilles » du député, « donneuse d’ordres » pour le courrier arrivé en leur manoir sarthois… – mais indispensables, selon eux, à la carrière de l’homme politique.

François Fillon, qui avait brandi la « séparation des pouvoirs » en estimant que la justice n’avait pas à interférer dans l’activité d’un parlementaire, s’était évertué à expliquer que le travail de collaborateur était d’autant plus varié lorsque celui-ci était le conjoint – pratique désormais interdite.

Voir Aussi

Sénégal: 78 nouveaux cas, 39 guérisons et 3 décès enregistrés ce jour

Le Sénégal a enregistré lundi 78 nouveaux cas de coronavirus, 3 décès supplémentaires et 39 …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
15 + 20 =