France: le sort d’un iranien entre justices française et américaine

La cour d'appel d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

 

Espion iranien ayant tenté de contourner les sanctions américaines ou scientifique victime du regain de pression exercée par les Etats-Unis sur l’Iran ? La justice française doit arbitrer un bras de fer entre les deux pays, qui entretiennent des relations exécrables. L’Iranien Jalal Rohollahnejad, ingénieur de 41 ans, spécialiste de fibre optique, est réclamé par deux juges fédéraux du district de Columbia qui le soupçonnent d’avoir tenté, entre avril 2016 et juin 2018, d’exporter vers Téhéran des systèmes micro-ondes industriels et des systèmes anti-drones, produits civils pouvant être détournés vers un usage militaire, au prix de quelques modifications.

Jalal Rohollahnejad a été interpellé le 2 février à sa descente d’avion à Nice, en provenance de Téhéran, via Moscou, sur la base d’une demande d’arrestation des Etats-Unis. Muni d’un visa français, il explique qu’il venait rencontrer une entreprise des Alpes-Maritimes dans le cadre d’une coopération sur les eaux souterraines dans le golfe Persique. Les services secrets américains avaient été alertés de sa venue en France. La cour d’appel d’Aix-en-Provence a examiné, mardi 30 avril, la demande d’extradition américaine qui vise cinq infractions, ce qui lui fait encourir un cumul de soixante années de prison.

Pour les juges américains, Jalal Rohollahnejad aurait, sous couvert d’une exportation vers les Emirats arabes unis, tenté, en utilisant un pseudonyme chinois – il a étudié une dizaine d’années en Chine – de faire livrer ces systèmes industriels à la société iranienne Rayan Roshd Afszar, décrite comme en lien avec le corps des Gardiens de la révolution islamique, la principale force armée du pays. Le montant de l’opération aurait donné lieu à plusieurs virements via des sociétés de façade d’un montant avoisinant un million de dollars (900 000 euros).

« Guerre froide »

« Je suis un ingénieur et un chercheur et je n’ai commis aucun délit, a toujours affirmé M. Rohollahnejad. On nomme des sociétés britanniques, canadiennes mais je n’ai jamais été en contact avec elles, et si j’ai organisé une bande de malfaiteurs, comme il est dit, pourquoi aurais-je utilisé mon mail personnel, celui que j’ai utilisé pendant toute ma carrière de chercheur ? » Le scientifique ne conteste pas avoir travaillé pour l’Organisation des industries aérospatiales « pour des travaux de recherche 100 % scientifiques », alors que la demande d’extradition américaine évoque de la recherche et du développement sur des missiles balistiques.

AfroActu.com

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