France: les oppositions très sceptiques sur l’instauration d’un couvre-feu

Du scepticisme, des mises en garde et de réelles critiques. Il faudra certes attendre l’intervention d’Emmanuel Macron, ce mercredi soir à la télévision, pour connaître les contours précis du nouveau tour de vis pour tenter d’endiguer la deuxième vague de l’épidémie du Covid-19.

Mais l’hypothèse d’un couvre-feu laisse déjà sceptiques les oppositions, qui se sont surtout relayées dans les médias, au Parlement ou sur les réseaux sociaux pour souligner la « faillite » de l’exécutif depuis le début de cette crise. Une « triple faillite », sanitaire, économique et d’autorité de l’Etat, a asséné Damien Abad, le président du groupe LR à l’Assemblée , jugeant qu’un couvre-feu « peut être nécessaire dans les grandes villes » mais doit faire « la preuve de son efficacité ».

D’autres, en la matière, ont déjà tranché. Il « ne s’appliquera pas. La France n’a pas les effectifs de police pour faire appliquer un couvre-feu », a affirmé le patron des députés UDI, Jean-Christophe Lagarde, y voyant « une mauvaise plaisanterie » : « Il ne faut pas verser dans cette communication symbolique sans effet sur la réalité ». Le sénateur RN Stéphane Ravier s’est dit « curieux de voir comment on va le faire respecter »« Il faut soutenir le monde économique et non l’assassiner », s’est-il au passage inquiété.

Même tonalité à gauche. « Vous faites comment pour faire respecter le couvre-feu quand à Champigny-sur-Marne, il y a trois policiers pour 76.000 habitants, quand, à Drancy, il y a une voiture de police la nuit pour 70.000 habitants ? », a interrogé Julien Bayou , le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts.

« Perte de confiance »

« Je ne mesure pas l’efficacité d’un couvre-feu si chaque matin, de nouveau, on peut se retrouver entassés comme on se trouve tous les matins dans les couloirs du métro », a pointé le numéro deux de la France Insoumise, le député Adrien Quatennens, ironisant sur ce virus « surprenant » qui « passe sa journée en salle de sport, arrive au bar chaque soir à 22 heures précises et disparaît le matin à l’heure de s’entasser dans les transports en commun pour aller bosser ou consommer ».

« Les mesures verticales ont des contre-effets, sont de moins en moins acceptées », a encore observé le député communiste Pierre Dharréville, tandis que le socialiste Boris Vallaud alertait sur le « risque de jacquerie » d’une décision « lourde », une « restriction de liberté importante », prise sans « concertation ».

Sur tous les bancs de l’opposition, la nécessité d’un nouveau tour de vis est le symbole de l’« échec » d’un exécutif qui avait déclaré la « guerre » au Covid mais « navigue à vue, sans boussole », selon la formule de Damien Abad. « Je dis aux Français : soyez lucides sur le fait que si nous en sommes là, c’est parce que le gouvernement a été incapable d’être à la hauteur de la situation depuis plusieurs mois », a martelé Aurélien Pradié, le secrétaire général des Républicains, affirmant soutenir « les décisions qui doivent être prises » mais appelant à laisser les restaurants « tourner ».

« Les restrictions, c’est quand on a tout raté », a tranché Marine Le Pen , se demandant s’il n’est pas déjà « trop tard ». La présidente du Rassemblement national a pilonné l’« absence totale d’anticipation du gouvernement » et des « injonctions contradictoires depuis le début de l’épidémie, qui « aggravent la perte de confiance » et entraînent une « forme d’« indiscipline ». De l’autre côté de l’échiquier politique, le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, n’est pas plus tendre. Pour lui, Jean Castex , ancien Monsieur déconfinement du gouvernement, est devenu le Premier ministre « de la déconfiture ».

Pierre-Alain Furbury

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