Frappe aérienne en Libye: au moins 44 migrants tués, l’ONU s’indigne mais ne condamne pas

 

Le drame a provoqué mercredi un tollé international et des appels à une enquête indépendante

Une indignation mais pas de condamnation officielle à l’ONU. Au moins 44 personnes ont été tuées et plus de 130 personnes grièvement blessées, mercredi, après le bombardement aérien contre un centre de détention pour migrants en Libye. Un drame qui, dans la foulée, a provoqué un tollé international et des appels à une enquête indépendante mais Washington a bloqué un projet de résolution à l’ONU.

Selon des diplomates, «les Etats-Unis ne veulent pas de résolution» qui critiquerait l’offensive du maréchal Haftar. En avril, l’émissaire de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, avait vivement dénoncé l’incapacité de la communauté internationale à adopter une position commune sur la Libye.

La frappe menée mardi tard à Tajoura a été attribuée par le gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli aux forces rivales de Khalifa Haftar engagées dans une offensive pour s’emparer de la capitale d’un pays plongé dans le chaos depuis 2011. Mais le porte-parole des forces pro-Haftar, Ahmad al-Mesmari, a démenti toute implication dans l’attaque, accusant en retour le GNA de « fomenter un complot » pour leur faire endosser la responsabilité du carnage.
Le centre abritait 600 migrants

Le centre de détention abritait environ 600 migrants, en majorité érythréens et soudanais, et deux de ses cinq hangars ont été touchés, selon le responsable du centre Noureddine al-Grifi. Quelque 120 migrants se trouvaient dans le hangar n°3 qui a été touché de plein fouet. C’est la deuxième fois que le centre est touché depuis le début de l’offensive des pro-Haftar le 4 avril.

Il y avait des cadavres, du sang et des morceaux de chair partout », a raconté depuis son lit d’hôpital Al-Mahdi Hafyan, un Marocain de 26 ans dont la cuisse a été transpercée par un morceau métallique du toit. Lui et son compatriote, sorti indemne, étaient venus ensemble en Libye pour tenter la traversée de la Méditerranée vers l’Europe.
Un raid aérien contre l’aéroport

Mardi soir, des médias pro-Haftar ont fait état de raids à Tripoli et Tajoura, après des menaces de ces forces d’intensifier les raids à la suite d’un revers dans la bataille de Tripoli.

Les forces de Haftar ont revendiqué par ailleurs un nouveau raid aérien mercredi soir contre le seul aéroport fonctionnel de la capitale libyenne, provoquant la suspension des vols.
Un « carnage ignoble et sanglant »

L’émissaire de l’ONU, Ghassan Salamé, a condamné un « carnage ignoble et sanglant » dans un communiqué de la Mission de l’ONU en Libye. Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir en urgence, le patron de l’ONU Antonio Guterres a demandé une « enquête indépendante » sur l’attaque contre le centre et réitéré son appel à un « cessez-le-feu immédiat en Libye ».

« L’ONU avait fourni la localisation exacte du centre de détention aux parties » en conflit afin d’éviter qu’il ne soit pris pour cible, a expliqué le porte-parole de Antonio Guterres. Ce drame « souligne l’urgence de fournir des abris sûrs à tous les réfugiés et migrants jusqu’à ce que leurs demandes d’asile soient satisfaites ou qu’ils soient rapatriés en sécurité » dans leur pays d’origine.

 

AfroActu.com

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