G5 Sahel: un sommet d’urgence pour préparer la riposte

 

Les inquiétudes étaient déjà vives, mais l’attaque d’Inates au Niger le 10 décembre  les a brusquement confirmées : le Sahel est en train de sombrer. C’est dans ce climat que se réunissent ce dimanche 15 décembre les chefs d’État des pays du G5 Sahel à Niamey, au Niger, aux côtés du président Issoufou pour un sommet extraordinaire.

Sommet extraordinaire

Cette réunion a été annoncée samedi par le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, lors de la cérémonie de lancement du dialogue national inclusif qui se déroule à Bamalo. « Hier notre voisin le Niger enterrait 71 de ses soldats tombés sous les balles de ceux qui veulent installer le chaos. Notre solidarité ne fera pas défaut au Niger, demain avec mes frères du G5 Sahel, nous irons à Niamey et nous allons nous concerter », a déclaré IBK visiblement affecté.

Entre deuil colère et questionnement

Le Niger est plongé dans un deuil national de trois jours, depuis le vendredi 13 décembre, pour rendre hommage à ses 71 soldats tués mardi dans l’attaque du camp militaire d’Inates, dans l’ouest du pays.

Cette attaque, la pire de l’histoire de ce vaste pays sahélien, a été revendiquée par le groupe EI. Tout le Sahel, en particulier, le Niger, le Mali et le Burkina.

est désormais visé par les assauts de plus en plus répétés, ciblés et meurtriers de groupes islamistes, en dépit du renforcement des armées locales, de la constitution d’une force militaire internationale du G5 Sahel, et de la présence de 4 500 militaires français de la force antiterroriste Barkhane ainsi que de militaires américains.

Comme les premières réactions au Mali et désormais au Niger l’ont montré, les opinions publiques locales s’interrogent ouvertement sur le rôle de la force française sur le terrain.

Aux plus virulents, le président Ibrahim Boubacar Keïta a répondu : « Nous devons dépasser le complexe colonial, vis-à-vis de la France. » « Nos parents étaient engagés par elle sur les fronts des deux grandes guerres mondiales. Aujourd’hui, elle est notre alliée et ses soldats tombent sur notre sol comme les nôtres. Sachons raison garder ! » a poursuivi le chef de l’État malien. « S’en prendre à la Minusma a-t-il ajouté, c’est « s’en prendre surtout aux forces sénégalaises, burkinabé, togolaises, ghanéennes, tchadiennes. Cela est si inconfortable pour notre honneur de Malien, d’Africain ! » s’est indigné IBK.

Parler d’une même voix

Avant lui, c’est le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré qui s’est exprimé sur la question, au lendemain des célébrations pour le 59e anniversaire de l’indépendance du pays. Dans une interview au média Canal3, le président du Faso a rappelé que le Burkina est dans un partenariat avec un certain nombre de pays, dont la France, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme qui est un combat international. Mais a-t-il insisté : « Nous devons clarifier la coopération avec Barkhane pour renforcer l’efficacité de notre action militaire dans le Sahel », a affirmé le chef de l’État, avant d’ajouter qu’il est important que le partenariat avec la France soit équitable et efficace dans l’intérêt partagé des populations. Des mots savamment choisis alors que la « convocation » pour le sommet de Pau, dans le sud-ouest de la France, voulue par le président Emmanuel Macron, n’est toujours pas passée dans la sous-région. « J’estime que le ton et les termes qui ont été utilisés avant l’invite posent des problèmes, alors que c’est le contenu du débat qu’on doit examiner ensemble », a clarifié le président burkinabè dans son échange avec les journalistes. Car, a-t-il informé la presse, les chefs d’État du G5 Sahel – dont le Burkina Faso assure la présidence tournante – avaient déjà prévu de se concerter avant de se rendre au sommet de Pau, reporté au mois de janvier. Depuis cet épisode, la diplomatie française a fait un geste en faisant parvenir parfois au moyen d’émissaires une lettre d’invitation à tous les chefs d’État des pays membres du G5 Sahel dans laquelle il est précisé « très clairement » les termes de la rencontre, « une invitation au dialogue, une invitation à la réflexion, une invitation à l’action, face à ce péril terroriste ». En attendant, à Niamey, les présidents du G5 Sahel entendent clairement adopter un langage commun… face au Président français ?

 

AfroActu.com

Voir Aussi

Y a-t-il une volonté politique réelle de lutter contre la Corruption en Afrique ?

  Après la publication ce jeudi 23 janvier 2020 du dernier Indice de Perception de …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
8 ⁄ 4 =