Hong Kong: des manifestants tentent de bloquer l’accès à l’aéroport

Des manifestants à l’aéroport de Hongkong, le 1er septembre.

 

Des centaines de manifestants prodémocratie tentaient, dimanche 1er septembre, de bloquer les accès de l’aéroport de Hongkong, au lendemain d’une nouvelle journée de contestation, parmi les plus violentes depuis le début du mouvement.

Les opérateurs de l’« Airport Express », le train à grande vitesse reliant le huitième aéroport international le plus fréquenté au monde et le centre de l’ex-colonie britannique, ont annoncé la suspension du service, sans donner de justification. Les manifestants n’ont en théorie plus le droit de protester à l’aéroport, en vertu d’un arrêté qui avait été pris le mois dernier après que des rassemblements dans ses terminaux eurent dégénéré et affecté des centaines de vols.

Des manifestants vêtus de noir, portant des masques et se cachant derrière des parapluies pour échapper à la surveillance des caméras, ont érigé des barricades au terminal d’autobus de l’aéroport.

A l’extérieur d’un des terminaux, des manifestants ont empilé des chariots à bagages pour former des barricades et détruit les caméras de surveillance avant d’être chassés par la police. Beaucoup de manifestants se sont alors déplacés vers la ville de Tung Chung, par laquelle passe l’unique route menant à l’aéroport. Ils ont utilisé des tuyaux pour inonder la station de métro de cette localité et aussi brûlé un drapeau chinois, un geste susceptible de provoquer la fureur de Pékin.

Aucune perturbation des vols n’était dans l’immédiat signalée, mais nombre de passagers coincés dans les embouteillages provoqués par ces actions ont été contraints de finir à pied le trajet menant à l’aéroport.

Scènes chaotiques samedi

Hongkong vit depuis trois mois sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des actions quasi quotidiennes pour dénoncer le recul des libertés et les ingérences grandissantes de Pékin. Samedi, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues malgré l’interdiction de manifester. Et en fin d’après-midi la violence s’est propagée dans de nombreux quartiers, jusque tard dans la nuit.

Des contestataires ont notamment incendié une énorme barricade dans le quartier de Wanchai (centre), à une centaine de mètres du QG de la police. Les flammes ont brûlé pendant plus d’une heure, et l’asphalte de cette artère qui traverse le quartier d’est en ouest présentait encore dimanche matin les stigmates de l’incendie, alors que des employés s’efforçaient d’effacer les tags constellant les murs.

Des scènes chaotiques se sont poursuivies dans toute la ville toute la soirée, la police pourchassant les manifestants jusque dans les stations de métro. Une vidéo tournée par un média local montre notamment des forces de police chargeant et tabassant une foule tapie dans un wagon. On y voit un homme hurler alors que, à genou, tentant de protéger une amie, il est aspergé de gaz poivré. Les policiers quittent ensuite le train sans arrêter personne.

« Une pègre sous licence »

Les forces de l’ordre concentrent avec la chef de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam, la colère du mouvement. Une des demandes des manifestants est d’ailleurs l’ouverture d’une enquête indépendante sur la « brutalité policière ». « La police est une pègre sous licence, avec un permis d’attaquer et d’agresser, a déclaré à l’Agence-France-presse le député prodémocratie Kwok Ka-ki. Le gouvernement n’est pas différent d’un régime autocratique. »

« La sécurité des policiers et de la population est gravement menacée par cette escalade de la violence et l’utilisation de plus en plus fréquente par les manifestants d’armes meurtrières », a affirmé de son côté la police dans un communiqué. La police a déclaré avoir samedi soir effectué deux tirs de sommation après avoir été attaquée par un groupe de « manifestants violents qui ont même tenté de voler les armes de la police ».

Les services hospitaliers de la ville ont annoncé que 31 personnes avaient été admises pour des blessures, dont cinq gravement touchés. L’agence officielle chinoise Chine nouvelle a elle publié sur Twitter samedi soir une vidéo montrant la police chinoise effectuant des exercices antiémeutes à Shenzhen.

Ce samedi marquait le cinquième anniversaire du refus par Pékin d’organiser des élections au suffrage universel à Hongkong. Cette décision fut le déclencheur du « mouvement des parapluies » de 2014, marqué par soixante-dix-neuf jours d’occupation du cœur de la ville. Cette mobilisation alors historique s’était achevée sans aucune concession de la part du gouvernement central chinois.

Afroactu.com 

Voir Aussi

Mesdames dites stop aux violences conjugales en disant non aux hommes dépourvus d’empathie (Par Amadou Niang)

  Le mercredi 13 Novembre 2019, selon la presse sénégalaise, Aminata Kâ 22 ans, enceinte …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
30 − 17 =