Interdiction du voile intégral: dix ans après, un bilan nuancé dans l’Hexagone

Le Chef de l’Etat français devrait présenter vendredi 2 octobre 2020 les contours de la loi  contre le séparatisme  promise pour octobre. Dix ans tout juste après l’adoption d’une autre loi interdisant le port du voile intégral et la dissimulation du visage dans l’espace public en France.

« Globalement respectée »

Malgré l’intervention du conseil des droits de l’Homme de l’ONU, en 2018, demandant à la France de revoir ce texte faute d’avoir apporté la preuve qu’il ne portait pas atteinte aux libertés, la loi encadre depuis l’action publique. Et malgré les réserves exprimées en 2014 par la Cour européenne des droits de l’Homme, elle est aujourd’hui  globalement respectée », constate la sénatrice (LR) du Val-d’Oise Jacqueline Eustache-Brinio.

A-t-elle pour autant prouvé son efficacité ? Le bilan dressé par le ministère de l’Intérieur en 2016, recueil chiffré le plus détaillé rendu public, montrait une tendance à une « baisse des verbalisations entre 2013 (392) et 2015 (278) ». Entre avril 2011 et le 31 mars 2016, les services de police avaient procédé à 1 726 contrôles ayant donné lieu à 1 644 verbalisations et 82 avertissements. Une amende de 150 € étant prévue pour sanctionner les contrevenants.

« Croiser des femmes entièrement voilées, ça peut arriver »

Un bilan à nuancer estime toutefois la sénatrice. Subsisteraient  quelques endroits , des  quartiers  où le voile intégral continuerait à être ostensiblement porté, selon elle.  À Paris où dans ma ville, il peut arriver de croiser des femmes entièrement voilées , reconnaît Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux.  Faire passer une loi suppose de la faire appliquer , poursuit l’imam qui évoque la menace d’un  déficit républicain  là où les moyens de contrôle feraient défaut.

 L’application de la loi, dans toute sa rigueur est absolument nécessaire parce que c’est au fond la seule chose que l’on peut opposer. On parle de personnes qui veulent imposer une loi, pas une foi , résumait Pierre Vermeren, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, entendu le 3 décembre 2019 par la commission d’enquête du Sénat.

« Il faut former les élus »

 Il faut former les élus , soutient, de son côté, Jacqueline Eustache-Brinio. Leur apprendre  à faire la distinction entre le musulman pratiquant et l’activiste islamiste , résume Mohammed Sifaoui, journaliste, écrivain et réalisateur. La sénatrice appelle à mettre fin  aux petits accommodements  de  certains élus . Selon elle :  Les préfets devraient pouvoir demander aux élus d’annuler le versement d’aides financières aux associations qui ne respectent pas la loi.Même si ça bouscule, même si ça hurle, ça passera. 

Pour combattre la radicalisation et le séparatisme, avance le géopolitologue Alexandre del Valle, une solution :  Exclure toutes les organisations dont sait qu’elles sont antisémites, antichrétiennes, misogynes, homophobes, suprémacistes, conquérantes, guerrières et qui font l’apologie de l’intolérance et du djihad. Nous les connaissons, c’est très facile .

Difficile « pour certains, de faire la distinction entre le culturel et ce qui relève du noyau de la religion. cette pratique n’a pas l’importance que certains et certaines lui accordent », résume Tareq Oubrou. La principale menace, estime l’imam de Bordeaux, « c’est le communautarisme identitaire, religieux, régional… Quel qu’il soit. C’est ça qui met à mal la République. »

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