Israël: le pari raté de Benyamin Nétanyahou rate son pari

 

Le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, à Tel-Aviv, mercredi 18 septembre.

 

La vie politique israélienne avait des allures de champ de ruines, mercredi 18 septembre à l’aube. Aucun vainqueur ne se dégageait au lendemain des élections législatives, et aucune majorité ne se dessinait pour le premier ministre Benyamin Nétanyahou : ni pour son parti, ni pour le bloc qu’il forme avec ses alliés de la droite religieuse.

Les médias israéliens donnent le Likoud et son principal rival, le mouvement Bleu Blanc (centre droit), mené par l’ex-chef d’état-major Benny Gantz, dans un mouchoir, avec 32 sièges chacun à la Knesset (sur 120 au total), sur la base de décomptes non définitifs de la commission électorale, qui a déjà dépouillé 92 % des bulletins. La coalition de droite du premier ministre obtenait 56 sièges. Ce n’est pas assez pour lui garantir le soutien du parlement, dans l’hypothèse d’une inculpation pour des accusations de corruption, qui pourrait intervenir avant la fin 2019. Un gouvernement d’union nationale apparaissait tôt mercredi comme l’unique issue possible.

Son ancien allié, Avigdor Lieberman, se posait en faiseur de roi, avec 9 sièges. Ce succès n’exprime en rien une bascule de la société israélienne, qui demeure ancrée à droite. Mais M. Lieberman a réussi à attirer des modérés de ce camp, le sien comme celui de M. Nétanyahou, en promettant de faire barrage à l’alliance du premier ministre avec les partis religieux. La liste unie des partis arabes obtenait 12 sièges. Ce sont là les seuls écarts avec le résultat des législatives d’avril, au terme desquelles M. Nétanyahou avait échoué à former une coalition de gouvernement, précipitant ce retour aux urnes.

« Terroristes assoiffés de sang »

M. Nétanyahou n’a pas reconnu une défaite, très tard dans la nuit de mardi à mercredi, au quartier général du Likoud à Tel-Aviv. Mais ce n’était pas non plus un discours de victoire. « Nous resterons unis », affirmait-il en saluant ses ministres, alors que le Likoud se prépare à d’intenses secousses. Ses parlementaires avaient démissionné comme un seul homme en mai, pour offrir à M. Nétanyahou une seconde chance. Combien de fois peuvent-ils sauter de la falaise pour leur chef ?

M. Nétanyahou entend encore constituer un gouvernement d’union sioniste, excluant les partis arabes « qui nient l’existence même d’Israël comme Etat juif et démocratique. Des partis glorifiant des terroristes assoiffés de sang qui assassinent nos soldats, nos citoyens et nos enfants », disait-il. Le premier ministre n’a pas répété, cependant, ses précédentes accusations de fraude électorale, qui ont fait craindre qu’il ne conteste les résultats au lendemain du vote. M. Gantz, quant à lui, s’est gardé de déclarer victoire : il n’a pas non plus de coalition claire. Mais il affirmait, confiant, à ses partisans à Tel-Aviv : « Cette nuit, quel que soit le résultat, le chemin s’ouvre pour réparer la société israélienne. »

Afroactu.com 

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