La CADHP exige la réintégration de Gbagbo sur la liste électorale

Laurent Gbagbo doit être candidat à la présidentielle ivoirienne, tranche  un tribunal

 Après Guillaume Soro, c’est au tour de l’ex-président, Laurent Gbagbo, d’obtenir une décision de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples ordonnant à l’Etat de Côte d’Ivoire sa réintégration sur la liste électorale.

La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) a ordonné à l’Etat de Côte d’Ivoire de réintégrer l’ancien président Laurent Gbagbo (photo) sur la liste électorale de laquelle il a été radié par la Commission électorale. La Cour constitutionnelle du pays s’était notamment fondée sur cet argument pour rejeter sa candidature à l’élection présidentielle prochaine.

Dans une décision rendue ce vendredi 25 septembre 2020, la Cour fait injonction aux autorités ivoiriennes de « prendre toutes les mesures afin de lever tous les obstacles empêchant le requérant de s’enregistrer sur la liste électorale ».

La CADHP a ordonné également à l’Etat ivoirien de « suspendre la mention de la condamnation pénale du casier judiciaire du requérant jusqu’à ce que la Cour se prononce sur le fond de la requête principale ».

Acquitté par la Cour pénale internationale (CPI), Laurent Gbagbo qui réside actuellement à Bruxelles (Belgique) a récemment formulé une demande de documents administratifs auprès des autorités ivoiriennes. Après s’être vu refuser la délivrance d’un passeport diplomatique – en tant qu’ancien président de la République – et d’un passeport ordinaire, un casier judiciaire portant une condamnation judiciaire à 20 ans de prison lui a été établi. Le motif invoqué est sa condamnation par contumace dans un procès dit de « braquage de la BCEAO », le 18 janvier 2018.

Une condamnation que contestent d’ailleurs ses avocats et ses partisans qui y voient des« agissements illégaux et injustes contre le président Laurent Gbagbo », et« l’instrumentalisation de l’institution judiciaire à des fins politiciennes ayant pour seul but d’exclure, par peur, un redoutable adversaire du jeu politique et de la compétition électorale ».

Dans une déclaration explicative faite au début du mois de septembre, le porte-parole de l’ancien président, l’ex-ministre du Budget, Justin Katinan Koné, a soutenu qu’« il n’y a jamais eu de braquage à la BCEAO de décembre 2010 au 11 avril 2011 et la BCEAO elle-même le confirme dans tous les audits qu’elle a diligentés pour les besoins de sa propre comptabilité ».

« La récurrence de ces accusations malgré leur caractère invraisemblable pourrait, à terme, transformer un gros mensonge en une vérité et corrompre ainsi l’opinion ivoirienne », a-t-il ajouté.

La CADHP fait par ailleurs injonction aux autorités ivoiriennes de lui faire un rapport « sur la mise en œuvre des mesures provisoires ordonnées dans la présente décision dans un délai de quinze (15) jours, à compter de la date de sa réception ».

Cette nouvelle décision de la juridiction internationale africaine sur la Côte d’Ivoire s’ajoute à celle du 15 septembre dernier qui ordonne à l’Etat de Côte d’Ivoire de « prendre toutes les mesures nécessaires en vue de lever immédiatement tous les obstacles empêchant Guillaume Soro de jouir de ses droits d’élire et d’être élu, notamment lors de l’élection présidentielle d’octobre 2020 ».

Cet arrêt de la CADHP a été rendu le lendemain de la décision du Conseil constitutionnel ivoirien éliminant 40 candidatures – sur 44 – à l’élection présidentielle, dont plusieurs poids lourds de l’opposition ivoirienne tels que Laurent Gbagbo et Guillaume Soro.

Dans une déclaration commune faite le 20 septembre, la majorité de l’opposition ivoirienne a appelé à la reprise totale du processus électoral avant toute tenue du scrutin présidentiel initialement prévu pour le 31 octobre prochain, ainsi qu’à la dissolution du Conseil constitutionnel et la Commission électorale qu’elle estime inféodés au président sortant, Alassane Ouattara, qui brigue un troisième mandat.

Borgia Kobri

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