La course à l’armement entre l’Algérie et le Maroc en chiffres

C’est connu, la course à l’armement que se livrent l’Algérie et le Maroc ne date pas d’aujourd’hui, la rivalité entre nos deux pays est ancienne, cela n’est pas une nouveauté. Sur le Continent, dans le contexte actuel de tensions, voulues par Alger, la course à l’armement est à son apogée on va dire. L’augmentation de la taille et du rythme des armements de l’Algérie et du Maroc ces derniers temps, à travers la conclusion d’accords multiples et divers d’une valeur de plusieurs millions de dollars, pose la question des véritables motivations derrière cela.

Surtout à la lumière d’un climat d’hostilité que ne cache plus guère l’Algérie faisant craindre l’escalade, où la possibilité d’une confrontation directe. Cela semble prendre une tournure dangereuse qui n’a jamais été aussi intense. L’Algérie est le premier exportateur en la matière (24ème mondial) tandis que le Royaume se place au deuxième rang (40ème mondial).

L’Algérie conservant souvent sa dominance quantitative dans le domaine n’en laisse pas moins, l’avantage qualitatif au Maroc qui s’arme plus intelligent et en fonction de ses besoins et obligations. Mais en plus de la situation toute de tension, il  semble qu’il y ait de multiples facteurs derrière cela qui peuvent expliquer l’acquisition par l’Algérie d’équipements de défense à un rythme élevé et accéléré. On ne citera, que les considérations de sécurité intérieure et la question du prestige national à la concurrence et autres. Aussi on peut avancer que la possibilité de l’expansion pour inclure exclusivement le militaire chez Chengriha au détriment du stratégique est pour ainsi dire très dominant.

Le Maroc a lancé depuis près d’une décennie un programme de modernisation de son armée. Dans cette optique, il a acquis 36 hélicoptères Apache, 200 chars Abrams M1A1, des missiles antichars et sol-air, et renouvelé sa flotte de F16. Au cours des deux dernières années, Rabat a signé avec Washington des contrats d’acquisition d’armes de plus de 10 milliards d’euros en plus de la fabrication d’armes et de matériel militaire sous l’œil bienveillant de l’Oncle Sam et vient de conclure un accord avec Israël pour fabriquer des drones de combat et des missiles à courte et moyenne portée. Rabat avait conclu un accord avec Ankara pour l’acquisition d’une quinzaine de drones Bayraktar 12.

 

La rivalité d’armement entre l’Algérie et le Maroc n’est pas nouvelle, elle a commencé au début des années soixante, depuis la guerre des sables, puis de 1975 jusqu’à la fin des années quatre-vingt, lorsque le conflit du Sahara menaçait de se transformer en une guerre ouverte. Les dépenses dans ce domaine entre les deux parties ont doublé entre 1974 et 1986 passant de 1,03 à 2,43 milliards de dollars pour l’Algérie, et de 887,48 millions de dollars à 1,57 milliard de dollars pour le Maroc.

Puis il y eut une période de stabilité ou d’accalmie au cours des années 90 et au début du XXIe siècle , en raison du climat international apaisé après la chute du mur de Berlin et de la fin de la guerre civile en Algérie. Mais dès 2006 une course à l’armement effrénée a repris. C’est ainsi qu’entre 2006 et 2010, les dépenses militaires algériennes sont passées de 3,4 à 5,3 milliards de dollars, tandis que les dépenses militaires marocaines sont passées de 2,3 à 3,09 milliards de dollars au cours de la même période.

Depuis 2010, alors que les dépenses marocaines d’armement ont légèrement augmenté, passant de 3,09 milliards de dollars à 3,5 milliards de dollars en 2016, le budget d’armement algérien a doublé, passant de 5,3 milliards de dollars à 10,5 milliards de dollars en 2016. A partir de cette année, si les dépenses militaires algériennes ont connu une légère baisse, atteignant 9,9 milliards en 2017 et 9,5 en 2018, elles reviendront rapidement à la hausse en 2019 pour atteindre 10,3 milliards de dollars, et elles sont encore très élevées si on les compare au volume des dépenses au Maroc caractérisées par une sorte de stabilité, puisqu’elles sont passées seulement de 3,5 milliards de dollars en 2016 à 3,7 milliards seulement en 2019.

Selon le dernier rapport de, « Global Military Spending Trends, 2020 », publié par le Stockholm Institute of Peace, les dépenses militaires de l’Algérie se sont élevées à 9,7 milliards de dollars, soit une baisse de 3,4% par rapport à 2019, mais elle est restée de loin le plus gros acheteur d’arme de l’Afrique du Nord et de l’Afrique dans son ensemble.

D’autre part, le Maroc, engagé dans la dynamique de renforcement et de modernisation de son armée a également été classé parmi les pays qui dépensent le plus en armes sur le continent africain. Le rapport indique qu’en 2020, les dépenses militaires marocaines se sont élevées à 4,8 milliards de dollars, soit une augmentation de 29 % par rapport à 2019 (4, 295 milliards) et de 54 % par rapport aux dépenses militaires du Royaume en 2011.

Le projet de loi de finances 2022 présenté par le gouvernement Akhannouch fait la part belle à une augmentation du budget militaire qui sera principalement dédié à l’acquisition d’armes et au renforcement du personnel des forces armées marocaines. Si le PLF est voté tel que dit, il constituerait le plus grand budget militaire de l’histoire du Maroc. Présentement, les dépenses militaires représentent 4,28 % du PIB et plus de 12 % des dépenses publiques totales du Royaume.

Voir Aussi

Les guinéens réclament justice aux funérailles de M’mah Sylla

Plus d’une centaine de Guinéens se sont réunis mercredi 24 novembre à Conakry la capitale …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
28 − 7 =