La France rapatrie 12 orphelins de familles djihadistes

Des membres de Forces démocratiques syriennes (FDS) gardent des familles déplacées, dans le camp d’Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, le 3 juin.

 

La France a rapatrié, lundi 10 juin au matin, douze enfants de djihadistes français qui se trouvaient dans le nord-est de la Syrie ainsi que deux Néerlandais qui seront remis aux Pays-Bas, a annoncé le ministère des affaires étrangères. Les enfants français étaient tous des « orphelins, isolés et particulièrement vulnérables », « certains sont malades et dénutris », a précisé un représentant du ministère lors d’un point de presse, ajoutant que « des examens médicaux sont en cours ».

Les enfants français, dont le plus âgé a 10 ans, vivaient dans deux des camps tenus par les forces kurdes, où ont été accueillies des dizaines de milliers de personnes ayant fui les offensives contre le dernier bastion du groupe djihadiste Etat islamique (EI). Abdel Karim Omar, un responsable des affaires étrangères de l’administration autonome kurde, non reconnue par la communauté internationale mais qui contrôle des territoires du nord-est syrien, a précisé que les enfants avaient été remis aux autorités françaises dimanche dans la localité d’Ayn Issa, près de la frontière avec la Turquie. Un responsable kurde parlant sous couvert de l’anonymat a précisé que les orphelins français se trouvaient dans les camps d’Al-Hol et Roj, et que les Néerlandais étaient hébergés dans celui d’Ayn Issa.

Les autorités kurdes s’attendent à ce qu’un autre groupe d’orphelins français soit remis prochainement à la France. C’est le deuxième retour de ce type organisé depuis la liquidation de l’ultime poche de résistance de l’Etat islamique, dans l’est de la Syrie : cinq orphelins avaient été ramenés en France le 15 mars. Par ailleurs une fillette de 3 ans dont la mère a été condamnée à la perpétuité en Irak a été ramenée le 27 mars. La France se montre particulièrement réticente à récupérer ses ressortissants, y compris les enfants, qu’elle refuse a priori d’accueillir avec leur mère.

450 ressortissants français en Syrie

Selon le Quai d’Orsay, environ 450 ressortissants français affiliés à l’EI sont en prison ou retenus dans des camps de réfugiés. Le ministère a laissé entendre lundi qu’une troisième opération identique pourrait avoir lieu « dans le futur » et selon « les mêmes critères : orphelins, isolés, vulnérables ». Après avoir conquis l’ultime fief des djihadistes dans l’Est syrien, au terme d’une offensive soutenue par une coalition internationale emmenée par Washington, les combattants kurdes et arabes des Forces démocratiques syriennes ont proclamé le 23 mars la défaite du « califat » de l’EI.

Les autorités kurdes administrent des camps dans le nord-est de la Syrie où vivent quelque 12 000 étrangers, dont 4 000 femmes et 8 000 enfants de djihadistes étrangers gardés sous haute surveillance. Elles réclament leur rapatriement et travaillent activement sur ce dossier. Elles ont, à maintes reprises, alerté sur la situation humanitaire du camp d’Al-Hol, réclamant plus d’aide. Les ONG ont aussi dénoncé des conditions extrêmes, notamment une malnutrition aiguë chez les enfants et le manque de soins médicaux.

Deux Américaines et six enfants, issus de familles liées à l’EI en Syrie, ont été rapatriés la semaine dernière aux Etats-Unis. Des orphelins avaient aussi été remis à la Norvège, et environ 150 femmes et enfants à l’Ouzbékistan.

 

AfroActu.com

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