L’argent détourné d’Afrique subsaharienne serait blanchi aux USA

Détournement d’argent en provenance de l’étranger, recours à des sociétés-écrans et à des juristes spécialisés: tout cela fait partie du marché immobilier américain, où dans les 13% des affaires pendant les cinq dernières années, des moyens illicites provenaient d’Afrique subsaharienne, selon un rapport publié début août.

De l’argent venant de l’étranger est souvent dépensé pour racheter des villas américaines, ont conclu les auteurs d’un rapport de l’ONG Global Financial Integrity (GFI) et du groupe de travail Financial Transparency Coalition, qui a été publié début août. Le document évoque 13% des affaires identifiées aux États-Unis, où il a été constaté que l’argent illicite provenait d’Afrique subsaharienne. Cette zone est précédée par l’Asie, avec 21% des cas, et l’Amérique latine, impliquée dans 54% des procédures.

Le marché immobilier américain est un secteur important où les cas de blanchiment d’argent se multiplient, estiment les analystes Lakshmi Kumar et Kaisa de Bel, qui sont derrière ce rapport. Ils donnent notamment le chiffre de 88%, taux des biens immobiliers qui auraient été acquis aux États-Unis entre 2019 et 2020 en passant par un intermédiaire.

En outre, l’étude détaille que dans plus de la moitié des cas, des personnes politiquement exposées ont été impliquées. À la tête des cinq premiers pays d’où ces personnalités proviennent figure le Nigéria, précédé de la Malaisie, du Guatemala, du Venezuela et du Mexique. En ce qui concerne les cas de blanchissement d’argent au Canada, sont évoqués le Congo, le Tchad et la Malaisie.

Des conseils

À la fin de cette analyse, les auteurs donnent des recommandations pour minimiser le nombre d’affaires de blanchiment d’argent. Entre autres, ils proposent que les agents immobiliers soient tenus d’identifier le bénéficiaire effectif d’un achat immobilier résidentiel, lorsque les agents de propriété ne participent pas à la transaction. En outre, l’étude souligne qu’il devrait être exigé d’identifier les personnes physiques derrière les achats immobiliers faits par des sociétés-écrans comme des compagnies d’assurance de titres immobiliers.

Une réforme nécessaire

La conclusion tirée par des analystes à l’issue de ce rapport de 100 pages consiste en ce que le blanchissement d’argent à cette échelle est possible aux États-Unis à cause des lacunes juridiques dans la réglementation américaine actuelle. De ce fait, les auteurs sont d’avis que cette dernière nécessite une réforme.

Ils ont examiné 125 cas de blanchiment d’argent à travers l’achat d’un bien immobilier aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni.

De plus, les auteurs ont constaté qu’au minimum, dans le contexte des cas signalés au cours des cinq dernières années, plus de 2,3 milliards de dollars US ont été blanchis par l’intermédiaire de biens immobiliers américains, y compris des millions par le biais d’autres actifs comme l’art, les bijoux et les yachts. Enfin, l’utilisation de sociétés anonymes et de structures d’entreprise complexes reste la typologie numéro un du blanchiment d’argent, selon ce rapport.

L’ONG estime que le changement et l’adaptation de la réglementation aux États-Unis pourraient aujourd’hui mener à la réduction du blanchiment d’argent dans le pays, un phénomène qui en mine le système financier.

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