L’économie mondiale menacée d’une overdose d’argent gratuit

Le billet vert ne baisse pas et surtout, les taux d’intérêts américains s’effondrent.

 

Lors des G20 qui ont suivi la grande crise de 2008, il était de bon ton de railler ces sommets qui ne produisaient pas grande chose. Pascal Lamy, alors directeur général de l’OMC, nous avait alors détrompés : l’important, dans ce genre de réunion, ce ne sont pas les décisions que l’on prend, mais les erreurs individuelles que l’on évite. Comme dévaluer seul sa devise, augmenter ses droits de douanes, baisser seul ses taux d’intérêts, et entrer dans une spirale suicidaire digne des années 1930. C’est l’époque où la planète avait réussi à coopérer et même à prendre des décisions (lutte contre les paradis fiscaux quoi qu’en aient dit les anti-sarkozystes, relance budgétaire concertée, coordination des banques centrales, choix de la Chine de financer les Etats-Unis, etc).

Faire marcher la planche à billets

Une décennie plus tard, ces temps semblent une bénédiction alors que la planète se lance dans un chacun pour soi et atteint des équilibres non coopératifs et sous-optimaux : capitulant face à Donald Trump, la Fed a baissé ses taux d’intérêts pour relancer l’inflation et faire baisser le dollar. C’était oublier faussement que le reste du monde n’était pas statique. Les autres pays du monde réagissent en baissant à leur tour le loyer de l’argent : mercredi 7 août, ce sont l’Inde, la Nouvelle Zelande et la Thaïlande qui ont baissé leurs taux directeurs. Bientôt viendra l’Europe, qui va approfondir l’aventure des taux négatifs et faire marcher la planche à billets, comme l’a déjà annoncé le président de la BCE Mario Draghi tandis que les nouvelles noires s’accumulent : la production industrielle allemande a baissé de 1,5 % en juin, augurant d’une possible récession en Europe, tandis que l’absence d’accord sur le Brexit le 31 octobre s’annonce catastrophique.

Enfin, face aux droits de douane imposés par Trump, la Chine a réagi en laissant glisser sa monnaie. Est-ce volontaire, comme le pense Donald Trump qui accuse Pékin d’être un « manipulateur de devise » ou un ajustement de marché bienvenu, alors que la Chine connaît un grave ralentissement ? Peu importe au fond : la mesure efface en partie les droits de douane toujours plus fort qu’impose Donald Trump et surtout fait paniquer les investisseurs de toute la planète qui craignent une récession généralisée provoquée par la guerre économique : direction, le dollar monnaie refuge par excellence.

Les taux d’intérêts américains s’effondrent

Résultat, le billet vert ne baisse pas et surtout, les taux d’intérêts américains s’effondrent. Peu importe la faible rémunération tant qu’on est en sécurité. Le rendement à dix ans des bons du trésor américains à dix ans est tombé mercredi en séance sous la barre des 1,6 % (contre 3,26 à l’automne 2018). Résultat, Donald Trump enrage, lui qui a exigé une nouvelle baisse des taux mercredi. « Notre problème n’est pas la Chine… Notre problème est la Reserve fédérale, trop fière pour admettre qu’elle a commis une erreur. Ils doivent baisser leurs taux plus fortement et plus vite », exige Donald Trump qui accuse l’institution d’« incompétence ».

 

AfroActu.com

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