Les raisons du renvoi du procès de Lamine Diack, ancien patron de l’athlétisme mondial

 

En course à pied, on appelle cela un faux départ. Dans les starting-blocks pour chroniquer les méandres de la corruption sportive, les journalistes allemands, suisses, anglais et japonais venus à Paris en ont été pour leurs frais – de déplacement. Lundi 13 janvier, les juges de la 32chambre correctionnelle de Paris ont décidé de renvoyer le procès de l’ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), Lamine Diack, et de cinq autres personnalités qui devaient être aussi jugées dans une tentaculaire affaire de corruption sur fond de dopage en Russie.

Pas sûr pour autant que la cohorte internationale de médias ait bien saisi les arguments juridiques et les deux problèmes de procédure finalement tranchés par Marie-Rose Hunault, la présidente du tribunal, qui a décidé de renvoyer le procès au mois de juin, dans le meilleur des cas. D’ici là, une audience de mise en état, lors de laquelle les différentes parties pourront déposer leurs conclusions et échanger leurs pièces, a été fixée au 27 avril.

De manière assez inhabituelle, c’est le Parquet national financier qui a commencé par demander le renvoi. Arnaud de Laguiche et Eric Russo, les deux procureurs, ont justifié ce choix par le fait que de nouveaux documents avaient été envoyés « extrêmement récemment » par les autorités sénégalaises. Ces éléments inédits ont été reçus le matin même de l’ouverture du procès.

Pour bien comprendre ce rebondissement, il faut effectuer un petit retour en arrière. Fin 2015, alertée par l’Agence mondiale antidopage (AMA), la justice française s’intéresse à des soupçons de corruption à l’IAAF. Le Sénégalais Lamine Diack, ancien président de la Fédération entre 1999 et 2015, est arrêté lors d’un voyage en France. Il est soupçonné, avec d’autres personnalités du monde du sport, d’avoir étouffé des cas de dopage dans l’athlétisme russe en échange d’argent, et d’avoir détourné d’importantes sommes versées par des sponsors de l’IAAF à son profit et à celui de son fils, Papa Massata Diack.

Démarche tardive des Sénégalais

En 2016, les juges français envoient une demande d’entraide à la justice sénégalaise, afin d’interroger à Dakar Papa Massata Diack, un personnage-clé du dossier, visé par un mandat d’arrêt international. Sans succès ; la coopération judiciaire est au point mort. Malgré plusieurs relances, les magistrats rendent leur ordonnance de renvoi, à l’été 2019, après s’être heurtés tout au long de l’enquête à un mur à Dakar.

Mais un juge d’instruction sénégalais a fini par interroger Papa Massata Diack et Khalil Diack – un autre fils de Lamine Diack, lui aussi mis en cause – en novembre 2019. La justice sénégalaise a par ailleurs transmis des documents bancaires concernant plusieurs sociétés de Papa Massata Diack. Le tout a été envoyé à la dernière minute. « Ces pièces, nous les avons reçues physiquement ce matin, a regretté Arnaud de Laguiche. Nous n’avons pas pu les étudier. »

AfroActu.com

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