Mesdames dites stop aux violences conjugales en disant non aux hommes dépourvus d’empathie (Par Amadou Niang)

 

Le mercredi 13 Novembre 2019, selon la presse sénégalaise, Aminata Kâ 22 ans, enceinte de deux mois, est rentrée chez elle dans la banlieue de Dakar après une batterie d’examens médicaux. Epuisée, elle n’a pas pu préparer, comme chaque soir, le repas de l’homme d’une trentaine d’années qu’elle avait épousé quelques mois plus tôt. Son mari s’est saisi de ce prétexte pour la rouer de coups, jusqu’à ce qu’elle perde connaissance et succombe à ses blessures.
Cette tragédie vient encore une fois de plus, s’ajouter à toutes ces violences conjugales qui se succèdent et se ressemblent au Sénégal. Personnellement je trouve qu’il est temps de mettre en place des stratégies qui permettront de mettre fin aux souffrances des femmes.
C’est dans cette optique que je compte partager avec elles, des informations utiles tirées de mes recherches sur l’intelligence émotionnelle. Ces dernières pourront les aider à déceler les hommes qui présentent un défaut, qui peut être considéré comme tragique pour un être humain, l’absence d’empathie. Les hommes dépourvus de cette dernière auront toutes les difficultés à faire preuve de bienveillance et d’affection vis à vis de leur partenaire. A l’issue de ce partage, les femmes auront le choix entre accompagner leur partenaire pour une prise en charge ou bien prendre une décision sage avant que ça ne soit trop tard comme le cas Aminata Kâ.
L’empathie peut être définie comme étant la faculté intuitive qu’a une personne de se mettre à la place de l’autre et de percevoir ses émotions.
Quand un homme est dépourvu d’empathie, il ne se rendra pas compte du mal qu’il fait à sa femme. Même en cas de souffrance de cette dernière pour une raison ou une autre, il ne remarquera rien et ne montrera aucun signe de compassion. Il peut même refuser sciemment de remplir certaines de ses obligations, comme la prise en charge médicale de sa femme en cas de maladie. Le bouton peut aussi être poussé plus loin par des violences verbales ou pire encore, des violences physiques ; à ce stade ça devient très grave. Parce que cette personne peut devenir très dangereuse. D’après Daniel Goleman, des recherches ont montré que l’absence d’empathie est le point commun entre les violeurs, les psychopathes, les pédophiles et de nombreuses personnes coupables de violences domestiques. C’est pourquoi certains des hommes dépourvus d’empathie, peuvent facilement infliger une souffrance à leur femme, sans se rendre compte du mal qu’ils sont en train de faire.
Maintenant c’est important de souligner qu’il existe deux groupes d’hommes qui ont besoin d’être pris en charge :
Ceux du premier groupe sont plus dangereux car étant des psychopathes incapables d’éprouver la moindre compassion ou le moindre regret. Lors d’une étude sur la violence conjugale, les chercheurs ont découvert une anomalie physiologique fréquente chez la plupart des maris les plus violents, ceux qui battent régulièrement leur femme. Le plus étrange c’est que ces hommes agissent de manière froide et calculée et non sous l’emprise de la colère. L’anomalie c’est que quand ils sont en colère, leur rythme cardiaque ralentit au lieu de s’accélérer. Cela veut dire que quand ils sont en colère, ils se calment physiologiquement mais deviennent de plus en plus agressifs. Ils calculent bien leur forfait car pensant qu’ils peuvent dominer leur épouse par la peur. Ils s’attaquent généralement à leur femme sans raison. Et dès qu’ils démarrent leur forfait, rien ne pourra les arrêter ; parfois ils poursuivent leurs actes jusqu’à ce qu’elle succombe à ses blessures. Certains chercheurs qui font des études sur les criminels psychopathes pensent que l’absence d’empathie notée chez ces derniers, émane d’un défaut neuronal. Ce qui nécessite à mon avis, une prise en charge sérieuse par un psychologue.
Les hommes du deuxième groupe sont moins violents et ne présentent pas d’anomalie physiologique. D’une part, ils battent leur femme de manière impulsive sous le coup d’une colère provoquée par exemple par la jalousie, les disputes, la peur d’être trahis etc… D’autre part, ces hommes peuvent aussi être reconnus par leur impulsivité, qu’ils peuvent manifester même au delà de leur foyer. Ils peuvent entrer en conflit avec des automobilistes sur la route, leurs voisins, leurs collègues ou des membres de leur famille. Nous pouvons donc dire que ce sont des personnes qui ont du mal à maîtriser leurs émotions et leurs réactions émotionnelles. D’où la nécessité à mon avis, de les prendre en charge par une sensibilisation en intelligence émotionnelle ; dans l’optique de développer leur maîtrise de soi. Mais aussi de les faire prendre conscience du fait qu’ils sont oui les chefs de famille, mais que cette notion de chefferie doit plus se sentir dans la responsabilité que dans l’autorité. Je reste persuadé qu’un homme qui a ce niveau de maturité n’aura jamais besoin de frapper sa femme. Dans mes différentes observations de la société sénégalaise, j’essaye aussi de trouver une raison valable qui doit nous pousser un homme à frapper sa femme, mais je n’en trouve toujours pas. Merci de m’en donner une, si vous en trouver. Je sais que dans une relation de couple, l’homme aura parfois besoin de corriger certains comportements, mais il existe d’autres moyens de correction très efficaces et pas du tout contraignants ; comme une communication émotionnellement intelligente. Et même pour l’éducation de nos enfants, la religion nous demande de ne jamais brutaliser nos filles.
Mesdames, vous avez là quelques informations non exhaustives mais qui pourront vous permettre de savoir avec quel genre d’homme vous avez affaire. A vous maintenant de faire les bons choix, au bon moment avant que cela ne soit trop tard comme le cas Aminata Kâ.
Je ne peux terminer cette contribution sans demander à nos sœurs de continuer à jouer pleinement leur partition sur le maintien de la paix dans les foyers.
Je vous reviendrai avec d’autres informations utiles dans le cadre de l’intelligence émotionnelle en vue d’améliorer les relations de couple. Mais aussi sur le comment devons-nous éduquer nos garçons afin d’éviter qu’ils soient eux aussi de futurs maris violents.
Je tiens à préciser que je ne suis ni philosophe, ni psychologue encore moins scientifique ; je n’ai aucune prétention de détenir la « vérité ». Je suis un formateur au sens littéral du terme, qui vise juste à partager des informations utiles.

Bonne lecture à tous

AMADOU NIANG
FORMATEUR CHERCHEUR EN LEADERSHIP ET
COMMUNICATION PERSONNELLE
Email : amadouniang7@gmail.com
Page Facebook : Leadership Academy

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