« Pandora Papers »: le producteur marocain RedOne épinglé

RedOne, de son vrai nom, Nadir Khyat est l’une des célébrités marocaines qui figurent dans la très controversée affaire « Pandora Papers », qui dénonce les personnalités qui ont dissimulé des avoirs dans des sociétés offshore, notamment à des fins d’évasion fiscale, selon une enquête publiée dimanche par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).

L’enquête journalistique menée par 600 journalistes dans le monde (faisant partie du Consortium international des journalistes d’investigation) et qui porte sur des documents fiscaux, près de 12 millions de documents en provenance de 14 sociétés de services financiers, a épinglé plusieurs personnalités dont des chefs d’Etat, Premiers ministres et hommes d’affaires, mais également personnalités du showbiz, à l’image du célèbre producteur marocain RedOne.

Le Desk, qui a été associé à l’enquête menée par l’ICIJ, révèle au grand jour le business très lucratif du producteur de Lady Gaga qui détiendrait pas moins de 5 sociétés offshores, montées entre 2012 et 2015 et enregistrées aux Vierges Britanniques (BVI) ou aux Seychelles.

Ce business de l’artiste âgé de 49 ans débute en 2011, juste après avoir été décoré d’un wissam royal, comme le précise la même source, et également après sa nomination aux prestigieux Grammy Awards dans la catégorie « Producteur de l’année (non classique) », après des collaborations avec Jennifer Lopez, Mohombi ou encore Porcelain Black

« George Short, avocat spécialisé dans le conseil financier au sein de Brownstein Hyatt Farber Schreck, un cabinet de lobbying installé à Denver, dans le Colorado, supervise alors pour le compte de RedOne, la création par Withers Bergman d’Azerria Holdings Limited aux Îles Vierges Britanniques, un des nombreux paradis fiscaux que compte le pourtour caribéen. Aujourd’hui rebaptisé Withersworldwide, Withers Bergman est un cabinet d’avocat installé à Londres mais présent aux États-Unis, en Europe, en Asie et dans les caraïbes », indique l’enquête.

Pour la création de la société qui dispose aussi d’un compte bancaire offshore, Short et Withers Bergman passent par un cabinet souvent cité dans les Pandora Papers, Trident Trust, l’un des principaux fournisseurs de services d’optimisation fiscale et d’enregistrement de sociétés présents sur l’archipel.

RedOne, qui est le seul actionnaire de la société, détient 1 000 des parts à un dollar chacune dont est dotée Azerria. Ce hitmaker est un artiste accompli et producteur de génie, à son actif plusieurs prix internationaux, plus de 80 hits mondiaux et plusieurs stars internationales produites, aurait fait, selon le Desk, usage de son passeport suédois, pour s’enregistrer en tant que bénéficiaire d’Azerria Holdings et « coche ainsi la case qui indique que la société offshore a pour objet notamment de détenir l’usufruit de ses productions intellectuelles ».

Une année fructueuse couronnée de succès

Quelques mois auparavant, RedOne lançait 2101 Records, son premier label, créé en avec le géant Universal Music, et là c’est la consécration pour Nadir Khyate, de son vrai nom, qui enchaîne ainsi les tubes et succès, notamment celui de « Kiss Me » qui réunit une brochette de superstars (Pitbull, Nayer ou encore Mohombi) et qui cumule ainsi plus de 81 millions de vues sur Youtube à ce jour.

Selon le Desk, cette consécration intervient quelques jours avant l’inscription d’Azerria Holdings au registre des sociétés des BVI,  ou atterrissent ainsi les droits d’auteurs.

Presque deux ans plus tard, la compagnie est rayée du registre des sociétés des BVI, pour on-paiement des frais annuels de tenue de la société au gouvernement, selon une copie du bulletin officiel local, datée du 13 mai 2013. Après ça, RedOne et son manager, Alan Melina, créent une nouvelle société aux BVI, Brightstarz Ltd, le 15 mai 2013, puis RedOne Records Ltd.

« Pour le binôme, la discrétion n’est désormais que facultative. La première société porte le nom d’une sombre maison de production musicale, Brightstarz LTD DBA Play-Makerz, qui détient la licence exclusive de Habibi I Love You, une collaboration sortie en juillet 2013 entre le nouveau poulain marocain de RedOne, Ahmed Chawki et la superstar américano-cubaine du rap, Pitbull. Naturellement, le tube est l’un des hits de l’été 2013 et sera interprété en français, espagnol et néerlandais afin de séduire l’audimat », précise le Desk dans son investigation.

Une nouvelle société offshore aux Seychelles

Quant à RedOne Records Ltd, enregistrée le 26 mars 2014, elle partage tout simplement le nom du nouveau label de Nadir Khayat, qu’il a créé tout juste quelques semaines auparavant. Associée à Capitol Music Group pour la distribution aux Etats-Unis et au Royaume-Uni ainsi qu’à Virgin EMI Records pour le reste des marchés, la maison de disque a boosté les carrières de Wayne Beckford, Porcelain Black, Midnight Red et a même produit les hymnes officiels du Real Madrid, son club préféré.

Alan Melina n’a pas été le seul à accompagner RedOne dans les paradis fiscaux. En janvier 2012, Nadir Khayat ouvre avec un certain Mohamed Boudih, citoyen marocain résidant à Rabat selon les documents auxquels Le Desk eu accès, une société aux Seychelles, du nom de RedMed Management Limited.

L’opération est portée par SFM, une société suisse spécialisée dans la constitution de sociétés dans plus de 25 juridictions, une présence qui fait de ce cabinet un des plus cités dans les Pandora Papers.

Né Nadir Khayat à Tétouan, au Maroc, RedOne a quitté son pays natal à 19 ans et s’est dirigé vers la Suède à la recherche de la célébrité musicale, citant la sainte trinité du pays d’ABBA, d’Europe et de Roxette comme son inspiration pour le déménagement.

Son premier grand succès est survenu en 2005 lorsque son travail sur la chanson « Step Up », du chanteur Darin, a aidé le morceau à atteindre le sommet du palmarès suédois des singles.

En 2006, son morceau « Bamboo » a été nommé Mélodie Officielle de la Coupe du Monde de la FIFA 2006. Un an plus tard, son attention s’est déplacée vers les États-Unis, où il a commencé à collaborer avec des chanteurs comme Akon et Kat DeLuna.

Son travail en 2008 sur le premier album de Lady Gaga, The Fame, a aidé l’album à devenir un succès international. Cela a valu à RedOne beaucoup d’influence avec Universal Music Group, et les deux parties ont ensuite lancé une coentreprise, un label boutique appelé 2101 Records, qui a soutenu une poignée d’artistes comme Havana Brown et Jennifer Lopez.

Jusqu’en 2014, RedOne a collaboré avec ces groupes, ainsi qu’avec Gaga, Pitbull et Nicki Minaj, puis a transféré son label à Capitol et l’a renommé RedOne Records. Également signé chez Warner en tant qu’acteur solo, RedOne a sorti le single « Don’t You Need Somebody » en 2016.

Et en 2018, Redone et une belle brochette de célébrités marocaines ont sorti une vidéo spécialement dédiée au Roi Mohammed VI qui fêtait ses 55 ans. Une belle manière d’exprimer l’attachement indéfectible du peuple marocain à son Roi.

Depuis, il continue toujours de sortir des chansons qui montrent l’amour qu’il a pour son pays, et l’Afrique en général, comme avec la chanson : We love Africa , sortie en août 2019, avec Aminux (un chanteur marocain) et Inna MODJA (une chanteuse, mannequin et actrice malienne).

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