Partenariat Paris/New Delhi: un long et tumultueux feuilleton en Inde

Le 23 septembre 2016, Jean-Yves Le Drian, alors ministre français de la défense, et son homologue indien, Manohar Parrikar, signent le contrat de vente, à New Delhi, de 36 Rafale.

 

« Nous avons un long partenariat avec la France, Il s’est déroulé jusqu’à présent au rythme des pas d’un homme, il va maintenant aller à la vitesse du Rafale. » Ces propos prêtés au premier ministre indien, Narendra Modi, lors de la signature du contrat d’achat des 36 avions de combat de Dassault, voici bientôt trois ans, rappellent le long et sinueux chemin parcouru avant de parvenir à un accord.

Tout a débuté en 2001, deux ans après le conflit de Kargil, sur les hauteurs de l’Himalaya, où les Mirage 2000 de Dassault ont contribué à la victoire de l’Inde sur le Pakistan. L’armée de l’air indienne est un client historique de l’avionneur français, s’étant dotée successivement du Toofani, du Mystère IV, de l’Alizé et du Jaguar, avant d’acquérir, au milieu des années 1980, une cinquantaine de Mirage 2000. Mais ses escadrons sont composés principalement d’avions russes, plusieurs centaines de MIG et de Sukhoï. Une flotte vieillissante que New Delhi entend alors moderniser, en annonçant son intention d’acquérir 126 avions de combat.

La compétition sera lancée six ans plus tard, en 2007. Le cahier des charges prévoit l’achat de 18 appareils, prêts à voler, le temps de procéder à un transfert de technologies vers l’entreprise publique Hindustan Aeronautics Limited (HAL) pour l’assemblage sur place des 108 avions suivants. Ce « contrat du siècle » attire les principaux constructeurs de la planète. Les avions en compétition vont du MIG-35 russe au F-16 de l’américain General Dynamics, en passant par le F-18 de Boeing ou le Gripen du suédois Saab. Tous sont progressivement écartés, pour ne garder que deux européens : l’Eurofighter Typhoon développé par le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, et le Rafale français.

Urgence opérationnelle

En janvier 2012, New Delhi décide d’entrer en négociation exclusive avec Paris. « C’est un signal de confiance pour toute l’économie française », apprécie alors Nicolas Sarkozy, au vu des retombées possibles de ce contrat estimé à plus de 10 milliards d’euros. Quatre mois plus tard, son successeur à l’Elysée, François Hollande, fera de ce dossier une priorité et le confiera à son ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian.

Très vite, c’est l’impasse. En fin d’année 2012, si les grandes lignes de l’accord intergouvernemental sont conclues, les discussions se bloquent du côté des industriels. Les points de désaccords sont nombreux, à commencer par le montant du contrat, gonflé par l’importance du coût d’assemblage sur les chaînes indiennes et par la formation des équipes. Les négociations s’enlisent aussi faute de trouver des sous-traitants locaux. La rupture viendra lorsque les Indiens demanderont à Dassault de garantir la qualité des 126 Rafale livrés. Ce que refuse catégoriquement l’avionneur, car il n’a pas la maîtrise de ceux assemblés sur place.

AfroActu.com

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