Philippines: Rodrigo Duterte consolide son pouvoir au Sénat

Les initiatives les plus controversées du président philippin ne seront plus bloquées. Les alliés de Rodrigo Duterte ont pris le contrôle du Sénat lors des élections de mi-mandat, offrant au chef d’Etat la dernière institution qui résistait encore à ses mesures, selon les résultats officiels annoncés mercredi 22 mai.

Le Sénat, qui compte vingt-quatre membres et est renouvelé par moitié tous les six ans, est traditionnellement considéré comme plus indépendant face au pouvoir exécutif que la chambre basse du Parlement. Il l’a encore prouvé en jouant depuis trois ans un rôle crucial pour bloquer certaines des initiatives les plus controversées du bouillant président.

Or les partisans de M. Duterte ont raflé neuf des sièges de sénateurs qui étaient remis en jeu lors des élections du 13 mai, les trois autres ayant été gagnés par des candidats indépendants, ont annoncé mercredi les autorités électorales. L’opposition ne contrôle plus que quatre sièges. Les partisans du président sont également majoritaires à la chambre basse.

Le rétablissement de la peine capitale pourrait être adopté

Ces résultats donnent au chef de l’Etat les coudées franches pour mettre en œuvre ses projets controversés de rétablissement de la peine de mort et de réforme de la Constitution. « Il est clair qu’il sera soutenu quand il présentera les projets de loi qui étaient jusque-là bloqués », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) le politologue Ramon Casiple.

Elu en 2016, M. Duterte a été la cible de critiques des capitales occidentales en raison de sa politique violente de lutte contre le trafic de drogue et de tirades parfois ordurières. Mais il conserve une très forte popularité dans l’archipel, en raison notamment de son franc-parler, une partie des Philippins continuant de le voir comme un recours crédible face à l’inefficacité prêtée aux élites politiques traditionnelles.

M. Duterte s’est engagé à rétablir la peine capitale pour les crimes liés au trafic de drogue dans le cadre de sa campagne contre les stupéfiants, au cours de laquelle des milliers de trafiquants et de consommateurs présumés ont péri.

Parmi les nouveaux sénateurs, figure notamment l’ex-chef de la police nationale, Ronald dela Rosa, qui fut chargé en 2016 de la mise en œuvre de la « guerre contre la drogue ».

 

Afroactu.com

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