Plaidoyer pour un programme national dédié aux albinos du Sénégal

Le président de l’Association nationale des albinos du Sénégal (ANAS), Mouhamadou Bamba Diop, a plaidé mardi pour « un programme national dédié aux albinos », afin de prendre en compte leurs besoins en éducation, santé et en formation. »L’albinisme est considéré comme un handicap et non comme une maladie et cela est un obstacle pour une prise en charge correcte », a-t-il souligné lors d’un panel sur l’albinisme en Afrique, organisé par le musée de la femme Henriette Bathily, en partenariat avec l’ONG OSIWA.

Le Sénégal compte « 98 % d’albinos illettrés’’, « les crèmes solaires sont chères’’, alors que « la subvention de cinq cent mille francs CFA par an octroyée par l’Etat ne suffit pas à acheter six crèmes pour chaque albinos », a-t-il indiqué.

Aussi a-t-il a invité les autorités à s’approprier les textes internationaux pour le bien-être des albinos et mettre en place une politique éducative et sanitaire pour les personnes souffrant d’albinisme.

Mouhamadou Bamba Diop a relevé la marginalisation que vivent les femmes albinos qui éprouvent des problèmes pour se marier « vu les croyances qu’il y a autour’’ des personnes touchées par cette affection en Afrique.

S’y ajoute qu’ »elles souffrent aussi du cancer de la peau’’, alors qu’’il n’y a pas assez de dermatologues spécialisés en albinisme ».

Selon lui, la situation est tout aussi « critique » dans le reste de l’Afrique de l’Ouest francophone, pays qui « copient mal le modèle français dont la politique sectorielle n’est pas adéquate à leur situation ».

« Le modèle français prend en compte les besoins des albinos et les accompagne financièrement et techniquement », a fait savoir Mouhamadou Bamba Diop, par ailleurs président de la Confédération des albinos de l’Afrique de l’Ouest.

En Afrique de l’Ouest par contre, « l’albinisme est considéré comme un handicap’’, a-t-il fait observer. Ainsi, « l’accompagnement financier est très minime, celui technique comme le volet éducation et les curricula de formation ne prennent pas en compte l’albinisme ».

Tout le contraire, souligne-t-il, des pays anglophones comme le Kenya, la Tanzanie ou l’Afrique du Sud, des Etats qui « déboursent 150 millions de dollars par an pour la prise en charge des albinos ».

Le docteur Abdoul Aziz Kassé, cancérologue, estime lui qu’il faut aujourd’hui « trois millions cinq cents mille francs CFA pour le traitement du cancer de la peau lié à l’albinisme ».

Il préconise un plan stratégique 2016-2021 pour sensibiliser sur l’albinisme et plaider auprès des décideurs pour une meilleure intégration du citoyen albinos ainsi qu’un programme visant leur autonomisation.

Le docteur Kassé plaide aussi pour un dépistage et des conseils génétiques avant le mariage afin de freiner la progression de cette maladie héréditaire.

La bassiste du groupe « Takeifa », Makhoudia Keita alias « Maah Keita », présidente de l’association ’’Care albinos’’, une « amazone de la population des albinos », selon Mouhamadou Bamba Diop, est revenue sur son parcours à l’occasion de ce panel.

Devenue musicienne, mannequin et actrice de cinéma, elle dit avoir eu « beaucoup de chance » et a pu compter sur le « soutien’’ de sa famille. Pour elle, « tous les albinos ont le droit de s’épanouir ».

La fondation « Sococim » et l’avocate Me Dior Fall ont apporté leur soutien aux associations des albinos.

En marge du panel, se tient une exposition de photos sur le parcours jugé exceptionnel de femmes de l’Afrique de l’Ouest à l’initiative de l’ONG OSIWA.

 

AfroActu.com

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