Présidentielle américaine: premier face à face entre Donald Trump et Joe Biden

La dernière fois que leurs chemins se sont croisés, c’était en janvier 2017. Après huit ans au côté de Barack Obama, Joe Biden quittait la Maison-Blanche, tandis que l’homme d’affaires du Queens y prenait ses quartiers. En retrait pendant le début de la présidence de Donald Trump, Joe Biden n’est redescendu dans l’arène politique qu’en 2019. Depuis, les deux hommes affichent, par médias interposés, le mépris réciproque qui les anime.

Le premier de trois duels télévisés

Ce mardi 29 septembre, Donald Trump et son adversaire se retrouveront face à face, à l’occasion du premier des trois duels télévisés prévus avant le scrutin du 3 Novembre. Ce rendez-vous inaugural, modéré par le journaliste de Fox News Chris Wallace, sera consacré essentiellement aux questions domestiques (Cour suprême, covid-19, questions raciales, etc.). Et aux impots sur le revenu du président, après les révélations dimanche du New York Times : selon le grand quotidien de la côte Est, « Donald J. Trump a payé 750 dollars d’impôt fédéral sur le revenu l’année où il a remporté la présidence », en 2016, autant en 2017, et rien « au cours de dix des 15 années précédentes ».

Avec, pour les observateurs, une question centrale : comment Joe Biden va-t-il réagir aux provocations de Donald Trump ? « Le président est en retard dans les sondages, il va attaquer Joe Biden, tenter de le faire sortir de ses gonds, de lui faire commettre des gaffes dont il est coutumier, redoute un diplomate en poste à Washington. Donald Trump n’a pas grand-chose à perdre ».

Les provocations de Donald Trump contre « Joe l’endormi »

Depuis le début des primaires, Donald Trump multiplie les provocations, surnommant son adversaire « Sleepy Joe » (« Joe l’endormi ») et mettant régulièrement en doute ses capacités intellectuelles. À l’approche du duel télévisé, comme un poids lourd avant un combat de boxe au Madison Square Garden, le locataire de la Maison-Blanche est monté encore d’un cran, demandant que Joe Biden se soumette à un test antidopage…

Joe Biden sait à quoi s’en tenir. « Ce sera essentiellement attaques personnelles et mensonges, c’est tout ce qu’il sait faire », a-t-il déclaré samedi. Les remarques sur son âge – 78 ans le 20 novembre – et des attaques sur le rôle joué par son fils Hunter en Ukraine – accusations déjà au cœur des manœuvres qui avaient valu à Donald Trump son « impeachment » l’an passé – seront immanquablement de la partie.

Répondre à Donald Trump, ou parler aux Américains ?

Doit-il répondre aux attaques, ou les ignorer ? Doit-il dénoncer les mensonges du président, ou rester concentré sur son propre discours, évoquant la mauvaise gestion de la crise ou l’importance du débat sur l’assurance-santé, thèmes chers aux Américains ? « Joe Biden ne doit pas tomber dans le piège de Donald Trump. Mais le risque est aussi pour lui, en étant le candidat sérieux, attaché aux idées et aux propositions, de refaire la campagne d’Hillary Clinton en 2016 », relève François Vergniolle de Chantal, professeur à l’Université de Paris (1).

Le rôle des débats dans le résultat d’une élection présidentielle est incertain. De l’avis général, Hillary Clinton les avait remportés. En vain. Mais deux choses sont certaines. La première est qu’une gaffe, ou une grossière erreur, comme George Bush père regardant sa montre en plein débat, alors que des spectateurs posaient leurs questions, peut coûter cher.

La seconde est qu’il y aura du monde devant la télévision. Le premier duel Donald Trump-Hillary Clinton en 2016 avait enregistré une audience de 84 millions de personnes. Seule la finale du championnat de football américain réunit plus de téléspectateurs.

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