Retraites: le président français estime que «l’inquiétude est légitime»

 

Le chef de l’État a promis, mardi, de « continuer à expliquer et concerter », concédant toutefois qu’il était impossible de lever tous les mécontentements.

« Quand on prend la peine d’expliquer et d’écouter, on peut lever beaucoup d’ambiguïtés. » Emmanuel Macron, qui s’exprimait mardi 14 janvier à Pau (Pyrénées-Atlantiques), s’est livré à un exercice de pédagogie afin de lever une « inquiétude » « légitime », même s’il a concédé qu’il était impossible de lever « le mécontentement de gens qui protègent » des régimes spéciaux « auxquels je me suis engagé à mettre fin ».

Au 41e jour de la grève, le locataire de l’Élysée a fait, durant une dizaine de minutes, la pédagogie de cette réforme très contestée, après des semaines durant lesquelles il a laissé le Premier ministre français en première ligne.

« Je suis convaincu que c’est le seul moyen de recréer de la confiance et de défendre ce à quoi nous, Françaises, Français, sommes attachés, qui est ce qu’on appelle le modèle par répartition […] qui seul permettra de consolider un modèle où les actifs continuent de financer la retraite des retraités ». « Cela suppose des changements et de projeter progressivement tout le monde vers un système qui est plus simple, juste et universel », a-t-il ajouté.

« L’inquiétude est légitime »

Selon lui, le modèle actuel, avec ses 42 principaux systèmes, « avait créé des injustices qui nourrissaient la défiance ». « Comment expliquer que quand vous alliez conduire le bus qu’on a vu tout à l’heure à hydrogène de la ville (de Pau), vous alliez partir à 62 ans » alors qu’avec « un bus à peu près comparable, à la Régie autonome des transports parisiens (RATP), vous alliez partir cinq à dix ans plus tôt » ? Certains ont décidé d’avoir un calendrier social différent. Ce n’est pas la responsabilité du gouvernement et je ne saurais lui imputer une telle responsabilité », a-t-il ajouté, alors que plusieurs syndicats, dont la CGT et FO, et des partis d’opposition réclament le retrait de la réforme.

Notant que « l’inquiétude est légitime parce qu’on n’aime jamais le changement », Emmanuel Macron a affirmé que le gouvernement devait « bien évidemment continuer d’expliquer, de clarifier et aussi de discuter parce qu’il faut toujours discuter ». Six Français sur dix soutiennent toujours les manifestations et grèves contre la réforme des retraites cinq semaines et demie après leur début, selon le baromètre Harris Interactive RTL AEF Info réalisé le 13 janvier, après le retrait à court terme de l’âge pivot par le gouvernement.

Des comportements policiers qui « ne sont pas acceptables »

Le chef de l’État a également abordé lors de son déplacement les accusations de violences policières, demandant au gouvernement « des propositions claires pour améliorer la déontologie » des forces de l’ordre. « Des comportements qui ne sont pas acceptables ont été ou vus ou pointés », a-t-il déclaré, tout en déplorant également « la violence et le nihilisme politique » qu’expriment, selon lui, certains manifestants. Sans « généraliser » ces comportements, le chef de l’État ne veut pas que « cela atteigne la crédibilité et la dignité » des « professionnels des forces de sécurité intérieure » et « pour cela il ne faut avoir aucune complaisance ».

« Je souhaite que le ministère de l’Intérieur puisse me faire, dans les meilleurs délais, des propositions claires pour améliorer la déontologie, les éléments de contrôle », a-t-il expliqué, souhaitant aussi « que la justice puisse continuer à travailler sur ces cas ». « En aucun cas, je ne veux que ce sujet vienne cacher la violence profonde qui existe dans notre société et dont les forces de sécurité intérieure sont les premières victimes », a mis en garde Emmanuel Macron.

Appel à l’« exemplarité »

Face à de nouvelles accusations de violences policières, le gouvernement a infléchi depuis quelques jours sa rhétorique en appelant les forces de l’ordre à « l’exemplarité » avec un « usage juste et proportionné de la force ». Deux jours après avoir déjà rappelé les forces de l’ordre à leur professionnalisme et à leur déontologie, Christophe Castaner a enfoncé lundi le clou en consacrant une bonne partie de ses vœux à la Police nationale au devoir « d’exemplarité » et à « l’éthique », au cours d’une visite à l’école nationale supérieure des officiers de police (Ensop) de Cannes-Écluse (Seine-et-Marne).

Les images du croche-pied, comme d’autres captées lors des récentes manifestations contre la réforme des retraites, ont pour certaines donné lieu à l’ouverture d’enquêtes judiciaires. Et provoqué une nouvelle vague d’accusations contre les violences policières, un terme réfuté depuis plus d’un an par l’exécutif et le début de la contestation des Gilets jaunes. En ce début d’année, elles s’ajoutent à la mort d’un père de famille de 42 ans travaillant comme livreur, le 3 janvier, victime d’une asphyxie avec une fracture du larynx, aux abords de la tour Eiffel après avoir été plaqué au sol, casque sur la tête, par plusieurs policiers lors d’un contrôle routier houleux. Sa famille a été reçue mardi par le ministre.

 

AfroActu.com

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