Sahara: percée latino-américaine de la diplomatie marocaine

Les relations diplomatiques marocaines avec certains pays d’Amérique latine ont enregistré une progression ces derniers temps. Ces pays sont pourtant connus pour être des fiefs historiques du Polisario. Après le Pérou l’année dernière, le Salvador et l’Equateur ont commencé à prendre leurs distances des maîtres des camps de Tindouf, au sud de l’Algérie, et à reconsidérer leurs positions. 

 

Enregistrant un tournant dans la politique étrangère habituelle de ces Etats connus pour soutenir les séparatistes sahraouis, le Salvador et l’Équateur ont tous deux annoncé leur intention de « réévaluer »leurs « relations diplomatiques avec la rasd », une nouvelle susceptible d’en froisser certains.

En effet, le nouveau président salvadorien, Nayib Bukele, 37 ans, a déjà opéré un virage dans ses relations diplomatiques, seulement quelques jours après son investiture le 1er juin à laquelle assistait Brahim Ghali, le « président » de la fantomatique« rasd ».

Le nouveau gouvernement du Salvador a annoncé, par voie de communiqué de son ministère des Affaires étrangères, son intention de reconsidérer non seulement « ses relations diplomatiques avec la rasd » avec qui il entretient des relations diplomatiques depuis 1982, mais également « sa position » sur le conflit du Sahara.

Contacté par Hespress Fr, le politologue Khalid Chegraoui, estime, loin du rapport arithmétique, celui qui comptabilise les pays amis et ennemis, que l’Amérique Latine, « qui n’est ni l’Afrique, ni le monde arabe »,  doit être abordée avec un discours approprié.

Pour lui, « il faut un autre discours politique pour s’asseoir à table et discuter avec ces gens ».

Pour ce faire, Khalid Chegraoui plaide pour un retour au « legs ibérique » du Royaume « qui est le seul pays arabe hispanophone et lusophone ».

En ce sens, il estime que l’ »on peut aussi se rapprocher des pays africains lusophones », en s’intéressant aux niveaux politique, économique et surtout culturel.

Aujourd’hui, la diplomatie marocaine qui enregistre une percée en Amérique latine, fait face à de nouveaux challenges importants, notamment au niveau des Nations unies, le prochain envoyé spécial de l’ONU après la démission pour raisons de « santé » d’Horst Kohler, les changements au niveau du conseil de sécurité, ainsi que la position des Etats-Unis et celle de la Russie. Des enjeux susceptibles de peser lourd sur l’échiquier et sur ce conflit qui dure depuis 1975.

Dans un contexte baigné par l’incertitude, notamment où les relations changent d’un gouvernement à un autre, au gré des credo et des intérêts, où dans certains cas, les positions ayant un poids sont plus personnelles qu’institutionnelles, le Maroc peut compter sur le soutien de plusieurs démocraties occidentales, qui n’ont eu de cesse de qualifier le plan d’autonomie de « base sérieuse et crédible pour une solution négociée ».

La guerre se gagne aussi sur la toile 

Notre interlocuteur aborde également la question sur un autre volet plus « technologique » celui-là, en affirmant qu’une guerre diplomatique peut également se gagner sur la toile.

Il rappelle dans ce sens que les réseaux sociaux sont très importants. « Les pro-polisario sont ceux qui inondent les réseaux avec leurs tweets, alors que nous, nous sommes absents », déplore-t-il.

« Je ne vois aucun de nos parlementaires sur twitter en train de parler du sujet, de dire des choses réelles, qui ont été faites, qui sont importantes, mais dont personne ne parle. Les universités non plus ne suivent pas », insiste-t-il.

Le politologue appelle à être plus agressif dans sa politique. « Le polisario fait de la propagande c’est son affaire, nous devons faire de la contre propagande. Nous devons investir tous les espaces et attaquer sur tous les fronts », conclut-il.

 

AfroActu.com

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