Niafrang face au projet d’extraction du zircon

Ousmane Sané nous entraîne aux pieds de son campement, en bordure de mangrove. Installé ici il y a plus de 25 ans, il a peur que le projet minier vienne détruire cet espace naturel unique : « Nous sommes sur la route de la rizière, et la dune qu’ils veulent exploiter sert vraiment de digue naturelle, censée ralentir l’avancée des eaux. »

La majorité du village s’oppose aujourd’hui au projet, à l’image de Salif Diassy. « Nous, on cultive, et on nourrit nos enfants, dit-il. Si l’exploitation existe ici, et si le fleuve déborde, nous on n’aura plus de quoi cultiver, et nos enfants vont mourir de faim. »

Une première mine fonctionne déjà, au nord du pays, à Diogo. Mais pour Ousmane, devenu porte-parole du comité de lutte, la biodiversité est différente à Niafrang. Et la situation sécuritaire aussi : « Depuis 5 ans, le MFDC (Mouvement des forces démocratiques de Casamance) n’a pas arrêté de dire que toute exploitation de zircon était une déclaration de guerre. Je pense que c’est une donne qu’il faut prendre en compte. »

Les travaux qui auraient dû commencer fin 2017 sont pour l’instant en suspens. Selon Fatima Diallo, juriste signataire l’Appel de la dune, il est temps de renforcer la mobilisation : « On pense de plus en plus à viser un autre niveau, notamment à aller vers une stratégie judiciaire qui pourrait, si les villageois le décident, appuyer la lutte ici. »

Les échanges avec les autorités et la perspective d’emplois locaux et d’un fonds pour le développement n’y changent rien : les habitants sont décidés à continuer la lutte pour leur village.

Rfi

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