Souleymane Bachir Diagne donne les clés d’une « lecture vectorielle » du Coran

 

Le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne, spécialiste de l’histoire des sciences et de la philosophie islamique, a réaffirmé la nécessité d’une « lecture vectorielle » du Coran qui soit fidèle à l’esprit de ce texte sacré, la pensée de l’islam, selon lui « en mouvement », ne devant « pas se pétrifier ».

« La pensée de l’islam est en mouvement et ne devrait pas être pétrifiée », a-t-il déclaré dans un entretien paru dans l’édition de lundi du quotidien national Le Soleil.

S’inspirant de penseurs comme l’islamologue tunisien Moahamed Talbi et du poète et philosophe de l’Inde britannique Muhammad Iqbal, Souleymane Bachir Diagne estime que l’islam est « une parole vivante (…), qui s’adresse à nous dans les temps que nous vivons et qui permet de répondre à des questions de notre temps, qui ne peuvent pas être les questions d’un Irakien du 8e siècle ».

Selon lui, c’est dans ce sens que Mohamed Talbi par exemple, « parle d’une lecture vectorielle, invitant à lire le texte sacré en sachant reconstituer les intentions de la parole divine pour les temps qui sont les nôtres, c’est-à-dire ne pas figer la signification pour tout sur les temps qui ne sont plus les nôtres, mais essayer de voir comment le texte s’adresse à nous ».

Dans cette perspective, il s’agit « d’essayer de comprendre ce que signifie cette révolution qu’a consisté l’avènement de l’islam pour les femmes et comment les injonctions coraniques sur cette question de la femme s’adressent à nous hommes et femmes du 21e siècle », a expliqué le philosophe sénégalais, enseignant à l’Université de Columbia (New York).

« Voilà ce qu’il appelle une lecture vectorielle, c’est-à-dire une lecture fléchée qui indique précisément la direction à suivre parce que la parole coranique est une parole vivante qui s’adresse aux humains dans les conditions sont les leurs », a souligné Souleymane Bachir Diagne en parlant de Mohamed Talbi.

« Selon lui, la fidélité c’est de rester en phase avec l’intention coranique. Si je dis par exemple, il est très clair que les différents versets coraniques parlant du mariage vont dans la direction d’une monogamie, je peux l’argumenter en disant que je suis fidèle au texte parce que clairement, le vecteur allait d’une licence absolue de marier qui on veut à la limitation à quatre et à l’indication de conditions qui sont telles qu’il apparait nettement qu’il y a une forme de préférence pour la monogamie qui est lisible », a indiqué M. Diagne.

« Donc, a-t-il conclu, ce n’est pas vous qui projetez de l’extérieur votre intention sur le texte, mais vous pouvez dire de manière argumentée que le texte va dans cette direction-là ».

 

Afroactu.com

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