Un « Mbalax » d’or ! (Par Charles Faye)

Un « Mbalax » d’or !

Puissant, envoutant, prenant, entrainant, éclectique, et on en passe, tant affluent des qualificatifs qu’on ne pourrait pas tous coller à «Mbalax», le dernier album de la star sénégalaise dont la sortie annoncée pour vendredi 12 novembre semble filer droit vers le disque d’or.

MUSIQUE – Boubacar Ndour, le producteur de «Mbalax » annonçait du « lourd, du très lourd ». Il ne croyait pas si bien dire. Des textes aux sonorités, Youssou Ndour et le Super Etoile ont fait fort, pour offrir aux mélomanes et à leurs fans, d’ici et ailleurs dans le monde, une pureté musicale qu’il « faudra entendre avec les oreilles et non écouter avec les pieds », comme le dit Boubacar Ndour.

Plus qu’une promesse, le nouvel album de la star sénégalaise présentée mercredi 10 novembre aux journalistes par le producteur de l’album à travers une séance d’écoute avant l’arrivée de la star, est une déclamation de puissance, une déferlante de prosodies. L’expression aboutie d’une maturité non équivoque, tirant son inspiration de ces deux dernières années déconstruites par le covid-19, obligeant au repos forcé, à la renonciation, à la douleur sans cesse renouvelée, au recueil, à l’introspection.

Du premier titre « Gagganti Ko » au dernier, « Zéro (0) déchets», « Mbalax » interpelle, bouleverse et trahit une rare profondeur de l’artiste, jusqu’ici parfaitement réservée dans un tréfonds toujours contenu, jamais dévoilé.

Plus que jamais, Youssou Ndour nous parle dans cet album sincère, joué avec son groupe devenu mythique par la régularité et longévité qu’il dégage et incarne depuis 40 ans.

Avec ses gammes éclectiques, enrichies : d’instruments traditionnels, la kora de Balla Diabaté ; de cuivres distingués, on en compte au moins trois à l’écoute privilégiée accordée au staff et aux journalistes ; de basses feutrées de touchés de différents bassistes ; de claviers légers aux touchés également différents ; de guitares voyageuses, d’un soliste de Jimmy Mbaye inspiré et d’octaves généreusement déclamées au gré de la direction vocale d’un Youssou Ndour qui détonne, étonne, cartonne.

A preuve, ce voyage dans la mémoire d’une époque révolue, restée intacte chez Youssou Ndour pour ramener à travers « Wox ju bari », Ibra Kassé sous les projecteurs d’un fils Alioune qui ne manquera de perler de larmes, tant le retour aux sources traduit l’empathie jamais oubliée pour son père qui a compté dans la carrière du roi. Cela s’appelle de la reconnaissance. Il eut un début, comme il y a un après. Au commencement de ce qu’est devenu Youssou Ndour. Grand pour mesurer la perte énorme d’une voix respectée, savourée. Grand pour exprimer enfin la douleur inhibée dans « Ballago Ndumbé Yaatma ».

Un hymne á la dimension de Thione Seck, comme lui seul pouvait le faire, sur un xalam religieusement arrangé certainement par Youssou lui-même. Un morceau à couper le souffle, trahissant la douleur de l’artiste. Une certaine solitude. « Ballago Ndumbé Yaatma » est prenant. Affolant. Renversant.

Il faut l’écouter pour savoir ce que voulait faire comprendre Ludwig van Beethoven quand il disait que la « musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie ».

Il en est de même pour « La solution, c’est pardonner » ou encore « Fay bor » qui résonne comme un remède universel dans ce monde suffisamment perturbé pour que psychologues ou psychanalystes s’en saisissent pour sauver ce qui peut l’être encore.

L’ambiance est aussi au rendez-vous, avec des titres de mbalax pur et dur, notamment «Mool», l’hymne dédié aux pécheurs, « Ndox » ou l’eau dont il est l’ambassadeur et que Dakar va abriter à travers un Sommet mondial en 2022. S’y ajoutent « Tatagaal Fans » avec un Mbaye Dièye Faye du tonnerre, le panafricaniste « Mama Africa » et un « Zéro déchets » à faire bouger l’Afrique centrale et les créoles du monde, tant la rumba et rythmes des îles s’y collent.

A l’arrivée, ce sont 12 tempos voyageurs, du Sénégal au monde, que Youssou Ndour et le Super Etoile nous servent en cette fin 202. Nous montrant que les années n’ont pas d’emprise sur eux et que pas une seule ride n’entache ce « Mbalax » chevronné se versant tel un torrent dans ce qui se présente comme un chef-d’œuvre pour une fin en or. Le disque…

Charles Faye

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