Des experts des États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Mauritanie, ainsi que des représentants de la CEDEAO, d’institutions régionales et de partenaires techniques et financiers, se réunissent à Abidjan du 9 au 13 mars 2026 à l’occasion de deux ateliers techniques consacrés à l’harmonisation des statistiques dans l’espace communautaire.
Les deux ateliers sont organisés avec l’appui du Projet d’Harmonisation et d’Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (PHASAOC), financé par la Banque mondiale. Ce projet régional vise à renforcer durablement les systèmes statistiques nationaux et les institutions régionales afin de permettre aux pays participants de produire, harmoniser et diffuser des statistiques économiques et sociales fiables et comparables.
L’ouverture officielle de ces ateliers a été faite par le Prof. Félix N’Zué, Directeur de la Recherche et des Statistiques par intérim de la CEDEAO, au nom du Dr Kalilou Sylla, Commissaire aux Affaires économiques et à l’Agriculture de ladite organisation. La cérémonie s’est tenue en présence de M. Akaffou Franck Hervé, Directeur des Statistiques des Entreprises et de la Conjoncture Économique de l’Agence Nationale de la Statistique de Côte d’Ivoire, de M. Moritz Meyer, représentant de la Banque mondiale, ainsi que du représentant de M. Mohamed El Moctar Ahmed Sidi, Directeur général de l’Agence Nationale de la Statistique, de l’Analyse Démographique et Économique (ANSADE) de la République islamique de Mauritanie.
Dans son allocution, le Prof. N’Zué a mis en avant l’importance de la collaboration entre les instituts nationaux de statistique, les opérateurs de téléphonie mobile, les autorités de régulation ainsi que les partenaires internationaux, notamment la Banque mondiale. Il a également souligné le rôle essentiel de données fiables et harmonisées pour atteindre les objectifs de la Vision 2050 de la CEDEAO, qui ambitionne de bâtir une communauté régionale intégrée, prospère et inclusive.
Par ailleurs, le Prof. N’Zué a insisté sur plusieurs principes fondamentaux : l’importance de la qualité statistique et de la rigueur méthodologique, la pertinence des données pour éclairer les politiques publiques, ainsi que la formation et le renforcement des capacités humaines afin de moderniser les systèmes statistiques.
Durant leurs travaux, les experts se pencheront sur :
(a) l’examen du guide méthodologique des matériaux dans le cadre de l’Indice du Coût de la Construction (ICC) au sein des États membres de la CEDEAO ;
(b) l’accès aux données de téléphonie mobile et leur utilisation à des fins de production statistique dans les États membres de la CEDEAO.
L’atelier consacré à l’Indice du Coût de la Construction (ICC) permettra aux experts de finaliser un projet de méthodologie harmonisée pour le calcul de l’indice des matériaux de construction, une composante essentielle du suivi de l’évolution des prix dans le secteur du bâtiment et des travaux publics.
Les travaux porteront notamment sur :
- l’examen et l’amélioration des différents chapitres du guide méthodologique ;
- la finalisation de la nomenclature des matériaux de construction ;
- la validation des formules de calcul de l’indice des matériaux de construction ;
- la définition des modalités de mise en œuvre et de suivi dans les États membres.
L’atelier du Groupe de Travail Technique (GTT) sur l’accès, l’analyse et l’utilisation des données de téléphonie mobile pour la production statistique a pour objectifs :
- de former les participants aux méthodes d’analyse des données mobiles pour produire des indicateurs statistiques ;
- d’identifier les cadres juridiques, éthiques et techniques liés à l’accès et à l’utilisation de ces données ;
- d’élaborer un cadre technique régional pour intégrer ces données dans les systèmes statistiques ;
- de renforcer la collaboration entre instituts nationaux de statistique, opérateurs de téléphonie et institutions régionales.
Les résultats attendus de ces deux ateliers incluent :
- un guide ICC consolidé et prêt pour circulation technique ;
- un cadre régional d’intégration des données mobiles, incluant l’anonymisation, la sécurité et les méthodologies ;
- une feuille de route claire pour la collaboration entre les instituts nationaux de statistique.
À travers le renforcement des capacités des instituts nationaux de statistique, l’amélioration des infrastructures statistiques, la modernisation des outils de collecte et de diffusion des données, ainsi que l’harmonisation des méthodes statistiques, la CEDEAO, à travers le PHASAOC, contribue à accroître la disponibilité de données de qualité pour éclairer les politiques publiques, soutenir la prise de décision et favoriser une meilleure évaluation des programmes de développement dans la région.
L’organisation régionale ouest-africaine réaffirme ainsi son engagement à promouvoir une culture statistique forte et un écosystème régional de données moderne, indispensables pour soutenir le développement durable et l’intégration régionale.
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