Bamako et Paris : l’escalade se poursuit

Alors que le dernier convoi de la Force Barkhane vient de quitter le Mali, Bamako, dans une lettre adressée au Conseil des Nations unies, datée du 15 août 2022, accuse Paris de soutien au terrorisme et de violation de son espace aérien.

Ce n’est pas la première fois que Bamako accuse Paris, surtout s’agissant de la violation de son espace aérien, mais cette fois, Bamako va plus loin en décidant d’attaquer Paris devant les Nations unies et en exhibant sa volonté de riposter.

Le gouvernement du Mali affirme avoir enregistré, depuis le début de l’année 2022, grâce aux nouvelles capacités dont disposent les Forces armées maliennes (FAMa), au total 50 cas délibérés de violation de l’espace aérien malien par des aéronefs étrangers, notamment opérés par les forces françaises, sous différentes formes telles que : des cas d’indiscipline caractérisés par des refus d’obtempérer aux instructions des services de contrôle aérien, des cas d’extinction des transpondeurs pour se soustraire au contrôle, des cas de falsification de documents de vol, ainsi que des cas d’atterrissage d’hélicoptères dans des localités hors aérodromes, sans autorisation préalable.

Ainsi, selon Bamako, de nombreux vols d’avions de renseignement et des drones évoluant à haute altitude ayant été notés, se livraient à des activités qu’il considère comme de l’espionnage, de l’intimidation voire de la subversion.

Le gouvernement du Mali affirme, à cet effet, disposer d’éléments de preuve que ces violations qu’il qualifie de flagrantes, de l’espace aérien malien, ont servi à Paris pour collecter des renseignements au profit des groupes terroristes opérant dans le Sahel et pour leur larguer des armes et des minutions.

Bamako rappelle également que c’est en raison de suspicions de manœuvres de déstabilisation du Mali par la France qu’il s’est fermement opposé à la demande de soutien aérien français à la Minusma pour éviter que Paris ne se serve de cela comme prétexte pour mener des opérations « subversives » visant à fragiliser davantage le Mali et la région du Sahel.

Par conséquent, le gouvernement malien estime que ces actes de Paris contre le Mali constituent une agression, qui est définie par la résolution 3314 (XXIX) de l’Assemblée des Nations unies du 14 décembre 1974, comme « l’emploi de la force armée par un Etat contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre Etat ou de toute autre manière incompatible avec la Charte des Nations Unies… ». Et invite, ainsi, le Conseil de sécurité des Nations unies à œuvre pour que Paris cesse immédiatement ces actes d’agression contre le Mali.

Par ailleurs, Bamako dit se réserver le droit de faire usage de la « légitime défense », conformément à l’article 51 de la Charte des Nations unies, en cas de persistance de la France dans cette posture qui porte atteinte à la stabilité et à la sécurité du Mali.

Le démenti de la France

Paris a, de son côté, réagi à travers son ambassade à Bamako qui a fait des tweets qui ont reçu de nombreux partages sur les réseaux sociaux. Dans ses différents tweet, l’ambassade de France au Mali, tout en rappelant que c’est à la demande des autorités maliennes de l’époque que la France est intervenue au Mali, a fait savoir que dans tous les communiqués des groupes terroristes, la France était jusqu’à son départ désignée comme l’ennemi numéro 1 à abattre.

L’ambassade a aussi rappelé que la mission de 53 Français morts au Mali dans les neuf dernières années, consistait, avant tout, à lutter contre les groupes terroristes, et ce faisant, à améliorer la sécurité des Maliens. Elle a en outre affirmé que la France n’a évidemment jamais soutenu, directement ou indirectement, ces groupes terroristes qui demeurent ses ennemis désignés sur l’ensemble de la planète.

L’ambassade a rappelé que son pays a libéré de nombreuses villes maliennes qui étaient tombées entre les mains des terroristes qui y imposaient leur règne de terreur, et qu’en neuf ans, la France a neutralisé plusieurs centaines de terroristes.

Fadiala N. Dembélé

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