Membre du Jury d’Appel de la CAF, dont il est le vice-président, Faustino Varela Monteiro sort de son silence. Dans un entretien accordé à L’observateur, le juriste conteste le verdict de l’instance, qui a, à la majorité, décidé de désigner le Maroc vainqueur de la CAN 2025 après le forfait du Sénégal.
Le feuilleton juridique qui défraye le football africain depuis la finale de la CAN 2025 vient de connaître un tournant inattendu. Alors que le Maroc a été déclaré vainqueur sur tapis vert face au Sénégal par le Jury d’Appel de la CAF, une voix s’élève de l’intérieur même des instances de la CAF. Faustino Varela Monteiro, vice-président du Jury d’Appel, a rompu le silence dans les colonnes du quotidien L’Observateur, jetant une ombre sur la légitimité de la décision prise au soir du 17 mars.
Une opposition inscrite à la décision motivée
L’affaire, qui semblait scellée par la décision motivée transmise le vendredi 3 avril 2026, révèle en réalité une instance profondément divisée. Selon le document consultés par Sport News Africa, le vote final s’est soldé par une majorité fragile : sur les cinq membres du Jury, la présidente n’a pas eu à voter faute d’égalité, laissant trois membres valider la défaite du Sénégal (3-0 sur tapis vert) contre un seul opposant. Cet opposant n’est autre que Faustino Varela Monteiro.
Fait inhabituel, cette opinion dissidente a été officiellement intégrée à la motivation de la décision. Une démarche qui souligne la gravité des désaccords juridiques en coulisses. « Je suis en profond désaccord avec la décision », a-t-il tranché.

L’arbitre contre le règlement : un débat de doctrine
Dans son exposition au quotidien, Varela Monteiro critique la méthode employée par ses collègues, qualifiée d’« excessivement formaliste ». Le Cap-verdien rappelle un principe fondamental du football mondial, régi par la Loi 5 de l’IFAB : l’arbitre est le seul maître du jeu. Pour lui, le Jury d’Appel ne pouvait ignorer le fait que le match, bien qu’interrompu momentanément, s’est finalement terminé de manière régulière sur le terrain.
En s’appuyant sur l’article 82 du règlement de la CAN — qui sanctionne le départ prématuré d’une équipe — pour punir le Sénégal, le Jury aurait, selon lui, commis un contresens juridique majeur. Pour Varela Monteiro, cet article ne peut s’appliquer puisque les joueurs sénégalais sont revenus sur la pelouse pour achever la rencontre.
« Les faits décrits dans les rapports des officiels de match sont présumés véridiques et exacts jusqu’à preuve du contraire. Si des divergences apparaissent, le rapport de l’arbitre fait autorité sur le terrain », insiste-t-il.
Le TAS, ultime rempart
Cette sortie médiatique intervient alors que l’affaire est désormais devant le Tribunal Arbitral du Sport à Lausanne. La prise de position publique d’un vice-président du Jury d’Appel apporte de l’eau au moulin de la Fédération sénégalaise de football (FSF). En pointant du doigt le verdict de son propre Jury d’Appel, Faustino Varela Monteiro fragilise la position de la CAF.
La conclusion du vice-président sonne d’ailleurs comme un avertissement pour l’instance basée au Caire. Rappelant la jurisprudence internationale, il prévient que les instances judiciaires sportives hésitent rarement à sanctionner les décisions entachées d’irrégularités manifestes. « Le TAS ne réexaminera pas une décision prise sur le terrain à moins de preuves d’arbitraire ou de mauvaise foi, même si la décision apparaît erronée rétrospectivement », conclut-il.
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