Les relations diplomatiques entre Afrique du Sud et les États-Unis se sont récemment tendues à la suite de déclarations controversées du nouvel ambassadeur américain à Pretoria, Leo Brent Bozell. Les autorités sud-africaines l’ont convoqué afin qu’il s’explique sur des propos jugés « inappropriés » pour un représentant diplomatique, portant sur les politiques raciales du pays.
Nommé le mois dernier par l’administration du président Donald Trump, l’ambassadeur avait critiqué certaines mesures mises en place par le gouvernement sud-africain pour corriger les inégalités héritées de l’ère de l’apartheid. Lors d’une rencontre avec des chefs d’entreprise, il a notamment remis en cause les politiques d’émancipation économique des Noirs, allant jusqu’à les comparer aux lois raciales appliquées durant l’époque de l’Apartheid.
Le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, a vivement réagi lors d’une conférence de presse. Il a rappelé que ces politiques restent indispensables pour réduire les profondes inégalités économiques et sociales héritées de plusieurs décennies de ségrégation raciale.
Le gouvernement de Pretoria souligne également que ces mesures s’inscrivent dans les principes constitutionnels du pays et constituent un pilier de la transformation économique engagée depuis la fin officielle de l’apartheid en 1994.
Cette polémique survient dans un contexte déjà marqué par des relations tendues entre les deux pays. Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, Washington a multiplié les critiques à l’encontre du gouvernement sud-africain, l’accusant notamment de discriminer la minorité blanche — une accusation rejetée par plusieurs organisations et groupes afrikaners.
Selon le ministère sud-africain des Affaires étrangères, l’ambassadeur américain aurait présenté ses excuses et exprimé ses regrets lors d’une rencontre avec les autorités sud-africaines. Jusqu’à présent, aucune réaction officielle n’a été communiquée par les États-Unis.
Cet épisode reflète une détérioration notable des relations diplomatiques entre Pretoria et Washington, atteignant leur niveau le plus bas depuis la fin du régime d’apartheid.
AfroActu.com L'information à la source et en temps réel !

