Quitter la CEDEAO pour l’AES revient à se couper d’un espace économique et politique puissant, au risque d’un isolement accru

L’Alliance des États du Sahel (AES), formée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, se veut une alternative à la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cependant, la CEDEAO reste une organisation bien plus structurée, efficace et légitime pour plusieurs raisons.

1. Une Organisation Expérimentée et Fonctionnelle

Créée en 1975, la CEDEAO a près de 50 ans d’existence, contre quelques mois pour l’AES. Elle repose sur des institutions solides et une législation régionale bien établie. Elle a géré plusieurs crises et a démontré une capacité à s’adapter et à évoluer.

2. Une Puissance Économique et Commerciale

La CEDEAO regroupe 15 pays, représentant plus de 400 millions d’habitants et un PIB cumulé bien supérieur à celui de l’AES. C’est un marché beaucoup plus vaste, offrant des opportunités économiques et commerciales cruciales pour ses membres.

L’AES, en revanche, ne comprend que trois pays enclavés, aux économies fragiles et fortement dépendantes de leurs voisins.

3. Un Financement Autonome et Structuré

La CEDEAO finance 90 % de son budget grâce aux prélèvements communautaires des États membres. Elle n’est donc pas dépendante d’aides extérieures pour fonctionner. L’AES, elle, n’a pas encore de mécanisme de financement clair, ce qui pose un problème de viabilité à long terme.

4. Une Influence Diplomatique Internationale

La CEDEAO est reconnue par l’ONU, l’Union africaine et d’autres grandes organisations internationales. Elle a un poids diplomatique qui lui permet de négocier efficacement avec les partenaires extérieurs.

L’AES, en revanche, n’a pas encore de reconnaissance internationale forte, ce qui limite son pouvoir d’influence.

5. Une Coopération Militaire Structurée

La CEDEAO dispose d’une force d’intervention régionale, l’ECOMOG, qui a déjà mené plusieurs opérations militaires pour stabiliser la région. Son cadre de coopération sécuritaire est bien plus avancé que celui de l’AES, qui n’a encore aucune capacité militaire opérationnelle coordonnée.

6. Une Intégration Régionale Plus Large

La CEDEAO permet une libre circulation des personnes et des biens, facilitant les échanges et les opportunités économiques. L’AES, avec seulement trois pays enclavés, ne peut offrir une intégration économique aussi large et dynamique.

L’AES est une initiative récente, née d’un contexte politique particulier. Mais en comparaison, la CEDEAO reste une organisation plus forte, plus structurée, économiquement plus viable et diplomatiquement plus influente.

Djibril Boye, AfroActu.com

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