« Les âmes du Fouta »: Souleymane Kébé revient sur l’histoire de sa participation au film

Le court métrage “Les âmes du Fouta”, qui sera projeté mardi à la Berlinale, se distingue par son narratif mettant en avant une Afrique avec des femmes résolues à se battre pour faire avancer la société, estime son producteur, Souleymane Kébé, de la société ”Sunuy  Films”.

“(…) Son argumentaire par rapport à l’histoire qu’il a voulu raconter dans +Les âmes du Fouta+ m’avait beaucoup touché”, a confié le producteur dans un entretien avec l’APS, dimanche, avant de quitter Dakar pour Berlin où il va assister à la première mondiale du film réalisé par Alpha Diallo.

Son producteur dit avoir été attiré par le narratif de ce court métrage en lice à la 76e édition du Festival international du film de Berlin, qui se déroule du 12 au 22 février 2026.

Le court métrage d’Alpha Diallo met en avant “une Afrique avec des femmes fortes” qui refusent d’abandonner et “se battent vaille que vaille pour l’honneur de leur famille voire leur société”.

Le producteur sénégalais a reconnu être “souvent touché” par des projets mettant en exergue la femme et lui donnent “une vrai place” dans la narration. “Il ne s’agit pas de femmes misérables, ni faibles, fragiles ou qui abandonnent”, a-t-il dit.

Le court métrage, une fiction de 24 minutes, a été tourné dans un décor naturel de la vallée du fleuve Sénégal, à Taredji, dans le département de Podor (nord).

Il raconte l’histoire de Penda et Moustapha, un couple villageois qui a perdu son fils de 17 ans, mort des suites d’une overdose.

Malgré le chagrin, Moustapha prend une décision radicale, interdisant l’enterrement de son fils dans le cimetière familial, expliquant que les raisons de sa mort rendent son âme impure, lit-on dans le scénario du film. 

Penda, la mère éplorée, va livrer un combat mémorable pour que son fils repose en paix auprès d’elle, envers et contre tous.

“C’est la femme qui tient la narration du film. Ce qui m’intéresse, c’est ce que les films racontent, faire des films qui changent l’imaginaire de l’Afrique”, explique le producteur, exprimant son désintérêt pour tout projet de film “montrant une Afrique fragile, faible et misérable”.

Dans le cas du court métrage “Les âmes du Fouta”, Souleymane Kébé a laissé entendre qu’il a été touché par l’histoire de de cette mère qui, malgré le poids de la société, se laisse guider par son amour pour son fils et décide de se lever et de se battre pour l’honneur de son fils.

Kébé a déjà produit de grands films tels que “Banel et Adama” (2023) de la réalisatrice franco-sénégalaise Ramata-Toulaye Sy, mais aussi “Tirailleurs” (2022) du réalisateur français Mathieu Vadepied avec Omar Sy.

Si le premier contact de Kébé avec Alpha Diallo, réalisateur du court métrage “Les âmes du Fouta”, a été rassurant pour ce dernier, le déclic de sa participation à cette production est venu de son homologue producteur Oualid Baha de “Moabi films”, avec qui il a collaboré sur “Dent pour dent” du Sénégalais Mamadou Ottis Ba.

“Le producteur Oualid Baha est à la base du projet d’Alpha Diallo. Il m’a contacté pour que je sois à ses côtés pour accompagner ce projet, arguant que j’ai l’habitude de travailler dans le Fouta et d’accompagner des jeunes”, a-t-il confié. 

Souleymane Kébé a alors accepté de s’engager sur le court métrage d’Alpha Diallo, au regard de ses collaborations passées avec Oualid Baha, mais il a tenu d’abord à s’assurer de “la véracité du propos sur le plan local, pour que ‘Les âmes du Fouta’ ne soit pas un film écrit depuis la France et qui ne respecte pas les codes, les valeurs et les coutumes de nos traditions, de nos ethnies, de notre histoire”. 

Ensuite, avec son associé Assane Diagne, “il fallait trouver de l’argent pour compléter le financement parce que 80% de l’équipe de tournage était composé de techniciens sénégalais”.

Selon Souleymane Kébé, “Les âmes du Fouta” est le premier court métrage d’Alpha Diallo dont le potentiel a été détecté grâce à des clips et autres projets réalisés.

Le film a reçu des financements conventionnels tels que celui du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) français, de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et de Canal Plus.

“Le Fopica avait beaucoup de demandes, nous avons jugé intéressant de faire le film sans le FOPICA. Mais par ailleurs, le FOPICA, avec la sélection de la Berlinale, nous accompagne avec trois billets d’avion pour faire partir une partie de l’équipe pour la projection”, renseigne-t-il.

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