Côte d’Ivoire : l’interdiction des cours de renforcement payants continue de susciter des réserves

Depuis le 1er octobre, le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique (MENAET) interdit aux enseignants de faire payer des séances supplémentaires. La mesure diversement appréciée par les élèves, les parents d’élèves et les enseignants.

Le ministère rappelle ainsi que les cours de renforcement ne doivent pas devenir une condition pour bénéficier d’un meilleur suivi pédagogique dans le cadre du service public.

Chez certains élèves, cette décision est accueillie avec soulagement. K. Nadège, élève en classe de Terminale A dans un lycée à Abidjan, affirme avoir constaté des pratiques qui poussaient indirectement les élèves à participer aux séances payantes.« Généralement, quand le professeur organise des cours de renforcement payants, ceux qui y participent sont parfois privilégiés. Les mêmes exercices sont ensuite donnés en devoir ou en interrogation. Tout cela nous contraint à participer pour avoir de bonnes notes », déplore-t-elle.

Du côté des enseignants, les avis sont plus nuancés. Pour M.C., professeur de mathématiques, le renforcement peut être utile lorsqu’il est organisé gratuitement. « Je n’ai jamais fait payer un élève pour mes cours de renforcement. Lorsque je termine un chapitre et que je constate que les élèves n’ont pas bien compris, je prends sur moi d’organiser des exercices supplémentaires. Ceux qui font payer ces séances exagèrent un peu », estime-t-il.

Pour Gbomé Édouard, père de cinq enfants, la mesure représente avant tout un allègement financier. « Dans l’établissement où mes enfants sont scolarisés, on me demandait 5 000 francs CFA par enfant et par mois. C’était vraiment un budget supplémentaire pour moi », explique-t-il.

Mais tous les enseignants ne partagent pas cette position. Isaac D., professeur de philosophie, défend l’utilité de ces séances, y compris lorsqu’elles sont payantes.« Nous organisons des cours de renforcement dans quatre matières pour 10 000 francs CFA par mois. Pourtant, un professeur qui donne des cours à domicile pour une seule matière peut demander entre 40 000 et 100 000 francs CFA », fait-il valoir.

Pour lui , l’interdiction pourrait surtout pénaliser les familles modestes qui ne peuvent pas financer des cours particuliers à domicile.

Nécessité pédagogique, coût pour les familles et équité entre élèves, la question des cours de renforcement payants reste au cœur des discussions. Reste désormais à voir comment cette interdiction sera appliquée dans les établissements et si elle sera effectivement respectée.

Source : https://www.akwabanews.ci/societe/interdiction-des-cours-de-renforcement-payant-la-decision-suscite-encore-des-reserves/

Voir Aussi

Kinshasa : la montée des eaux de Souapiti engloutit les champs et provoque une vulnérabilité alimentaire

À Bangouya, dans la préfecture de Kindia, les populations relocalisées à la suite de la …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *