Sénégal : la pêche industrielle détruit la vie des pêcheurs locaux

Au large des côtes sénégalaises, les poissons disparaissent. Dans la ville portuaire de Rufisque au Sénégal, les pêcheurs qui travaillent au large des côtes depuis des décennies affirment que les flottes industrielles et illégales ont complètement vidé la mer.

Les pêcheurs sénégalais subissent les ravages des navires industriels et illégaux.

Sans prises et sans revenus, les jeunes hommes font désormais un choix désespéré : celui de partir.Ibrahima Mar a d’abord perdu son gagne-pain, puis son fils, lorsque les poissons au large des côtes sénégalaises ont commencé à disparaître, anéantissant ainsi un mode de vie qui avait fait vivre sa famille depuis des générations : « Il y avait de l’abondance. Il y avait beaucoup de poissons. On n’avait même pas besoin d’aller loin pour trouver du poisson. C’était extraordinair e. Mais petit à petit, au fil des années, ça a diminué. Du coup, on n’a plus de poissons. […] Il n’y a plus d’espoir. Et comme les jeunes pêcheurs n’ont plus aucun espoir de rester chez eux, ils n’ont d’autre choix que de partir ailleurs pour chercher une vie meilleure. Et ils pensent qu’ailleurs, c’est peut-être mieux. Ce qui est arrivé est arrivé. Certains ont réussi. D’autres ont dérivé. D’autres ont chaviré. D’autres ont disparu. », a indiqué le pêcheur. 

« C’est une situation très difficile pour nous car nous sommes nombreux à placer nos espoirs dans ce travail, qui est notre seule source de revenus pour pouvoir nourrir nos enfants. », a expliquéFatou Seck, poissonnière. 

La pêche industrielle et illégale, entre autres facteurs, a contribué à un déclin brutal des stocks halieutiques de la région, privant le Sénégal d’une source traditionnelle de nourriture et de revenus.

Pour la Direction de la protection et de la surveillance des pêches du gouvernement, la surveillance de la mer est « très difficile », même avec l’aide de la marine et de l’armée de l’air.Il est difficile de retracer la véritable nationalité des propriétaires des chalutiers de fond et autres navires industriels, généralement immatriculés au Sénégal mais qui, expédient leurs prises à l’étranger.

« (Les navires de pêche étrangers) ont exploité nos ressources, comme vous pouvez le constater, en tirant profit de nos ressources et en en faisant ce qu’ils veulent. Ce qui est regrettable, c’est qu’ils n’embarquent aucun observateur capable de les surveiller et de collecter des données statistiques. Car sans données statistiques, nous ne pouvons pas évaluer l’état de nos mers. », a déclaré Mamadou Diouf Sene, président de la commission des recettes du quai de pêche de Rufisque.

Un rapport de l’EJF datant de 2025 suggère que 57 % des populations de poissons exploitées au Sénégal sont en voie d’effondrement

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