Quitter la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest constitue une énorme erreur pour plusieurs raisons stratégiques, économiques et géopolitiques. Voici les principaux arguments qui justifient cette position :
1. Intégration économique et marché commun
La CEDEAO représente un marché commun de plus de 380 millions de personnes, offrant des opportunités commerciales importantes pour les États membres. En restant dans cette organisation, les pays bénéficient d’un accès privilégié à un marché plus large pour leurs produits et services. Quitter la CEDEAO signifierait perdre cet accès et risquerait d’isoler économiquement le pays vis-à-vis de ses voisins.
2. Avantages commerciaux et douaniers
La CEDEAO travaille à la mise en place d’une union douanière et d’un marché commun qui permet de faciliter le commerce intra-régional. Ces accords réduisent les barrières commerciales telles que les tarifs douaniers et les obstacles non tarifaires. Quitter la CEDEAO priverait un pays de ces avantages, nuisant ainsi à son développement économique.
3. Stabilité politique et diplomatique
La CEDEAO joue un rôle essentiel dans la gestion des crises politiques et sécuritaires en Afrique de l’Ouest. Par exemple, elle a joué un rôle de médiation dans plusieurs conflits, comme en Guinée-Bissau, en Côte d’Ivoire, et au Mali. Quitter la CEDEAO signifierait perdre un soutien important en matière de résolution de conflits, de prévention des tensions régionales et de diplomatie collective.
4. Soutien au développement régional
La CEDEAO mène des programmes de développement visant à améliorer les infrastructures régionales, comme les routes, l’énergie, et les transports, ce qui est bénéfique pour tous les pays membres. Quitter l’organisation pourrait signifier l’isolement par rapport à ces projets de développement, limitant ainsi l’accès à des financements et à une coopération régionale.
5. Partenariats internationaux renforcés
La CEDEAO joue un rôle de bloc régional dans les relations internationales, notamment en attirant des investissements étrangers et en négociant des accords commerciaux avec d’autres grandes puissances économiques (comme l’Union européenne, la Chine, les États-Unis). En se retirant de l’organisation, un pays pourrait perdre une part de son influence et d’opportunités internationales.
6. Gestion des crises sanitaires et environnementales
La CEDEAO est également active dans la gestion des crises sanitaires (comme l’Ebola en 2014) et environnementales. Par exemple, elle coordonne les efforts régionaux pour répondre aux pandémies ou aux catastrophes naturelles. Quitter la CEDEAO signifierait perdre un mécanisme régional de réponse collective, ce qui pourrait rendre un pays plus vulnérable face à ces défis.
7. Renforcement de la paix et de la sécurité
L’un des rôles majeurs de la CEDEAO est de promouvoir la paix et la sécurité en Afrique de l’Ouest. L’organisation a mis en place des forces de maintien de la paix et joue un rôle central dans la gestion des conflits armés dans la région. Le retrait d’un pays pourrait affaiblir l’effort régional de maintien de la stabilité et pourrait le rendre plus exposé aux tensions et aux menaces sécuritaires.
8. Accessibilité à des ressources financières
La CEDEAO permet aux pays de bénéficier de ressources financières pour des projets régionaux à travers des fonds communs, comme le Fonds de Développement de la CEDEAO et le Fonds d’Énergie de la CEDEAO. Ces mécanismes permettent aux États de lever des fonds pour des projets d’infrastructure, d’éducation, de santé, et de développement économique. Quitter la CEDEAO pourrait signifier perdre l’accès à ces ressources.
Quitter la CEDEAO représente aujourd’hui une perte substantielle pour le Mali, le Niger et le Burkina en termes d’intégration économique, de sécurité, de développement, et de positionnement géopolitique dans la région. L’unité régionale offerte par la CEDEAO permet de faire face collectivement aux défis communs, comme le commerce, la sécurité, la stabilité politique, et le développement durable. Ainsi, il est difficile de justifier une telle décision à long terme, car elle pourrait nuire aux intérêts nationaux et régionaux.
Djibril Boye, Afroactu.com
AfroActu.com L'information à la source et en temps réel !

