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Participation du polisario à la TICAD-8 : Comment le Maroc a déconstruit les justifications fallacieuses de la diplomatie tunisienne

La Tunisie a choisi de se départir de sa doctrine de neutralité positive vis-à-vis de la question du Sahara marocain. En décidant de recevoir le chef des milices du polisario, la présidence tunisienne confirme une attitude hostile envers le Maroc déjà manifestée le 29 octobre dernier au Conseil de sécurité, quand la Tunisie s’était abstenue lors du vote de la résolution 2602 favorable au Maroc.

En invitant le chef des milices du polisario à participer à la huitième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 8), qui s’est tenue les 27 et 28 août à Tunis, et en lui réservant un accueil officiel, le Président tunisien vient de compromettre la neutralité historique de la Tunisie sur l’affaire du Sahara marocain. «Après avoir multiplié récemment les positions et actes négatifs à l’égard du Royaume du Maroc et de ses intérêts supérieurs, l’attitude de la Tunisie dans le cadre du processus de la TICAD (forum de coopération Japon-Afrique) vient confirmer de manière flagrante son hostilité», a indiqué un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger.

Communiqué par le biais duquel le Maroc a annoncé sa décision de ne pas participer au huitième Sommet de la TICAD et de rappeler immédiatement pour consultation l’ambassadeur de S.M. le Roi à Tunis. La Tunisie, contre l’avis du Japon et en violation du processus de préparation et des règles établies, a décidé unilatéralement d’inviter l’entité séparatiste, ajoute le communiqué, relevant que l’accueil réservé par le Chef de l’État tunisien au chef de la milice séparatiste est un acte grave et inédit, qui heurte profondément les sentiments du peuple marocain et de ses forces vives.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, et en réaction à un communiqué publié vendredi soir par le ministère tunisien des Affaires étrangères, a tenu a précisé que «la TICAD ne constitue pas une réunion de l’Union africaine, mais un cadre de partenariat entre le Japon et les pays africains avec lesquels il entretient des relations diplomatiques et elle fait, ainsi, partie des partenariats africains, comme il en existe avec la Chine, l’Inde, la Russie, la Turquie ou encore les États-Unis, et qui ne sont ouverts qu’aux États africains reconnus par le partenaire.

Le porte-parole du ministère a également souligné «qu’il a été convenu dès le départ, et avec l’accord de la Tunisie, que seuls pourront prendre part à cette rencontre, les pays ayant reçu une invitation cosignée par le Premier ministre Japonais et le Président tunisien.  Une note verbale officielle diffusée par le Japon, le 19 août 2022, souligne explicitement que cette invitation cosignée est «l’unique et authentique invitation sans laquelle aucune délégation ne sera autorisée à participer à la Ticad 8», en précisant que «cette invitation n’est pas destinée à l’entité mentionnée dans la note verbale du 10 août 2022», c’est-à-dire l’entité séparatiste.

Pour ce qui est du fond de la neutralité et de la référence du communiqué (du ministère tunisien des Affaires étrangères) au «respect des résolutions des Nations unies» par rapport à la question du Sahara, le porte-parole du ministère a relevé que «l’abstention surprenante et inexpliquée de la Tunisie lors de l’adoption de la résolution 2602 du Conseil de sécurité, en octobre dernier, jette un doute sérieux et légitime sur son soutien au processus politique et aux résolutions des Nations unies».

«Kaïs Saïed vassalise la Tunisie»
Le journaliste tunisien Chedly Mamoghli a écrit dans un article publié sur le site d’information «Kapitalis» que ce que Kaïs Saïed a fait est inacceptable. Relayant les propos d’un juriste tunisien, M. Mamoghli estime qu’«en agissant de la sorte, il ( Kaïs Saïed) fait de la Tunisie un vassal de l’Algérie». Et de rappeler que «la première délégation étrangère reçue par Kaïs Saïed Président, le soir même de son investiture le 23 octobre 2019, était une délégation marocaine composée des deux présidents des deux Chambres du Parlement marocain. Aussi, «durant la crise de la Covid, à l’été 2021, le Souverain marocain a mis en place un pont aérien pour installer un hôpital de campagne sous l’égide de l’armée marocaine, lequel a été installé à Manouba».
Le journaliste rappelle également que «le Roi du Maroc, tout jeune Souverain, a réservé à la Tunisie l’un de ses premiers voyages à l’étranger. Il est revenu en juin 2014 et est resté 10 jours durant lesquels Il s’est promené dans les rues de Tunis et de sa banlieue». «Faut-il rappeler également que Son père Hassan II fut un grand ami  de la Tunisie ? Lui qui avait déclaré en direct sur la télévision française, quand les relations tuniso-libyennes connaissaient une crise sans précédent, que si Kadhafi attaquait la Tunisie, Il enverrait son armée pour se tenir aux côtés de la Tunisie», lit-on encore dans l’article intitulé «Kaïs Saïed saccage les relations historiques entre le Maroc et la Tunisie».

«Réinitialiser la diplomatie tunisienne»
Dans un autre article publié sur le même site, la journaliste Sémia Zouari, qui relaie les propos d’un diplomate tunisien, écrit qu’«il est urgent de rectifier le tir et réinitialiser la diplomatie tunisienne». La politique étrangère actuelle de la Tunisie est empreinte de «trop d’amateurisme», souligne la journaliste. «Si tous les Tunisiens sont fiers de l’amitié et de la solidarité entre la Tunisie et l’Algérie, ils sont également convaincus qu’elles doivent être préservées dans le cadre du respect mutuel et non une satellisation de la Tunisie aux dépens de ses relations avec un autre pays frère», lit-on encore dans l’article intitulé «Tunisie : il faut sauver Kaïs Saïed de lui-même !»

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